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dimanche 7 décembre 2008

En couple avec un conjoint japonais

Un séjour à l’étranger rend souvent plus vulnérable. Que l’on soit étudiant ou expatrié, le voyage est donc un moment propice pour une rencontre. Celles-ci semblent plus fréquentes entre hommes européens et femmes japonaises. C’est peut-être parce que le Japon atire plutôt les hommes français, et l’Europe est plutôt du goût des femmes japonaises. Peut-être aussi que les hommes européens et les femmes japonaises, habituées au rôle actif de la cour amoureuse, prendront plus facilement l’initiative. Il semble en tout cas que le début des histoires soit plus facile à l’étranger. Le charme de l’inconnu, l’intérêt de découvrir même les détails les plus insignifiants de la vie quotidienne du pays, souvent un voyage que l’on a idéalisé avant le départ, et il faut bien le dire, moins d’acuité à estimer la beauté d’une personne d’une autre « couleur » : tout cela rend l’aveuglement amoureux encore plus intense que dans une relation normale. Pourtant, si les débuts sont souvent plus faciles, la vie de couple étranger n’est pas simple à organiser. Cet article rassemble quelques modestes conseils.
Le respect

Tout couple demande un respect mutuel. Mais ici, la tentation est grande d’établir une hiérarchie entre les deux pays : les français seront tentés de mépriser l’urbanisme chaotique des villes japonaises, l’acharnement parfois inefficace au travail, et les particularités de la politique nippone. Les japonais regarderont de haut cette France des trains en grève, des crottes de chien, et du garçon de café qui ne sourit pas. Ces comportements sont souvent très dangereux dans un couple : même si l’on a conscience des limites de son pays, on n’aime jamais recevoir des leçons d’un étranger. Et toute tentative de mettre une hiérarchie entre les deux pays sera vite vue comme la volonté de mettre la même hiérarchie dans le couple. Il convient en particulier d’être très prudent sur les informations que l’on recueille sur le pays de son conjoint dans les forums internets, blogs, et sites spécialités pour les expatriés : il existe, en particulier sur les sites occidentaux, des interprétations discutables de la vie au Japon, avec souvent des raccourcis très hatifs. Certains faits divers rares sont parfois interprêtés comme des évènements normaux.
Il est beaucoup plus sage de proclamer une fois pour toute l’égalité entre deux pays au niveau de vie d’ailleurs tout à fait comparable. Cela n’interdit pas évidemment de s’amuser avec affection et humour des petits travers typiques de l’un ou l’autre pays, et même de se réjouir d’y être confronté, car cela fait partie du charme du voyage : une brasserie parisienne a besoin d’un serveur un peu rude, comme une ligne de train japonaise a besoin d’un préposé au petit drapeau rouge en bout de quai pour que l’expérience soit complète.
Il est aussi primordial de respecter les efforts que fait le conjoint déraciné pour s’adapter à sa nouvelle vie : ce n’est jamais une expérience facile, et il y aura forcément des petits coups de blues. Ce sont d’excellents moments pour prouver son attachement à son conjoint en lui apportant réconfort et écoute. Au contraire, si la personne en difficulté sent que son coup de blues est vu par son conjoint comme un obstacle qui l’empêche de regarder le match de foot ou de sortir avec ses copines au dernier restaurant à la mode de Daikanyama, cela ne renforcera pas l’affection mutuelle.
Le lieu de vie

Une relation de couple est faite d’affectation entre les conjoints, mais c’est aussi le choix d’un mode de vie commun acceptable pour les deux personnes. Dans le cas évoqué ici, les difficultés sont plus importantes : le choix du lieu de résidence voudra souvent dire qu’un des deux conjoints sacrifie sa carrière. Au moins un des conjoints sera éloigné de sa famille, des produits et de la culture de son pays. Internet permet des communications gratuites et l’accès aux journaux du pays d’origine, mais cela ne résoud pas tout. Il faut avoir vécu plusieurs années à l’étranger pour comprendre ce fort besoin d’un plat auquel on est habitué depuis l’enfance et introuvable sur place : malgré l’excellente nourriture japonaise, après une année sans rentrer en France, j’aurais volontiers échangé un diamant contre un bon saucisson lyonnais. Je pense donc qu’il est important de discuter avec son conjoint du type de vie que l’on envisage pour le futur, s’installer dans un autre pays n’est jamais un acte anodin, et souvent, le conjoint qui « joue à domicile » n’aura pas conscience des difficultés, surtout s’il n’a jamais tenté de s’intégrer à l’étranger. Un bon compromis est sans doute le projet de vivre, suivant les circonstances, dans l’un ou l’autre pays. Cela réduit la pression sur le conjoint expatrié de s’adapter à tout prix. Et l’expatriation sera d’autant plus facile que si le conjoint concerné a à la base, un intérêt pour le pays dans lequel il va vivre.
Le Japon est un pays très urbain. Cela a certainement des inconvénients, des trains bondés aux appartements exigus. Toutefois, ces villes sont aussi très vivantes : magasins ouverts à toute heure, spectacles et activités culturelles variées, restaurants nombreux et souvent excellents, boutiques à la pointe de la mode, tout ceci est accessible à quelques stations de métro. Si un japonais d’une grande ville (Tokyo, Osaka-Kobe-Kyoto, mais aussi Nagoya, Hiroshima ou même Fukuoka) vient en France il ne retrouvera souvent la même activité qu’à Paris, et peut-être très marginalement à Marseille, Lyon ou Toulouse. L’installation dans une ville de province peut-être un choc important pour certains japonais. C’est peut-être encore plus vrai aux Etats-Unis, où la vie des « suburbs » est si éloignée de celle du Japon, malgré un excellent confort.

L’argent

Un retour au pays coûtera plus de mille euros pour le conjoint éloigné de sa famille, et il ne peut souvent s'organiser que longtemps à l'avance. Les produits locaux et les livres en langue maternelle seront plus difficiles à trouver et souvent chers. Il n’est ainsi par rare de payer entre 10 et 15 Euros pour un magazine japonais à Paris, et celui-ci sera introuvable même dans les grandes villes de province. Les japonais qui s’installent en France sont aussi habitués à des quartiers sûrs et propres, et à une qualité de service excellente. Ils s’adapteront souvent mieux aux quartiers agréables de centre-ville qu’aux banlieues populaires, et apprécieront les commerces hauts de gamme. Dans l’autre sens, un français habitué à la qualité de vie de la province française se sentira sans doute plus à l’aise dans les quartiers agréables de Tokyo. Tout ceci fait qu’une certaine aisance financière aidera beaucoup à l’intégration. D’autant que de nombreux jeunes japonais habitent encore chez leurs parents et utilisent leurs salaires (souvent autour de 1500 Euros) comme argent de poche : s’ils s’expatrient, à moins qu’eux-mêmes ou leurs conjoints n’aient une situation exceptionnelle, leur pouvoir d’achat sera diminué de beaucoup. Il est très recommandé de faire une estimation de la situation financière du couple, et du train de vie qui pourra être mené, et de la partager avant de prendre de décisions irréversibles, comme celles d’une installation en France ou au Japon.
Certains détails pratiques, comme la combinaison des retraites des deux pays, doit être étudiée en détails. Une double cotisation était en effet extrêmement coûteuse, et pouvait représenter 20% de pouvoir d’achat en moins. Depuis l’accord sur les retraites entre la France et le Japon signé en 2005 et entré en application en 2007, la situation est plus simple. Les perspectives d’emplois au Japon pour des européens doivent toutefois être étudiées avec réalisme : Même avec un travail de cadre dans une multinationale en Europe, il n’est pas toujours possible de trouver une bonne position dans la filiale japonaise du groupe. Et c’est le cas le plus favorable : beaucoup d’étrangers ne peuvent prétendre qu’au poste précaire et peu payé de professeur de conversation. C’est sans doute un bon deuxième salaire dans un couple, mais très juste pour entretenir une famille.
Le mariage

Quoi que l’on pense des couples au long-cours qui refusent de se marier, les législations françaises et japonaises sur l’immigration sont telles qu’il est devient souvent obligatoire à un moment de se marier pour pouvoir habiter ensemble. Dans certains cas, seul le visa de tourisme (3 mois renouvelable tous les 6 mois en France) est accessible au conjoint non-marié en visite. Ce n’est pas la seule raison : un conjoint qui doit quitter son pays pourra se sentir plus à l’aise s’il a des certitudes juridiques par rapport au couple. De plus, l’union libre n’est pas entrée dans les mœurs au Japon. Le mariage sera donc une étape presque obligatoire, et il arrivera peut-être plus tôt qu’on ne le souhaiterait idéalement. Il est par contre très rare que les familles japonaises acceptent un mariage quand l’homme européen est encore étudiant, car ils considèrent qu’il n’a pas encore de situation, et ne peut subvenir correctement aux besoins du nouveau foyer. De même, les jeunes filles japonaises souhaiteront souvent travailler quelques années au Japon après la fin de leurs études avant de se marier et éventuellement de suivre leur époux dans son pays. Certains pensent aussi que les familles acceptent mieux les conjoints de leurs enfants quand ceux-ci approchent de la trentaine car ils pensent que c’est peut-être la dernière chance de se « marier dans les temps », et ils sont plus près à accepter les sacrifices de la situation. Tout ceci fait que les couples ayant fait des études supérieures semblent passer cette étape plus facilement après 25 ans qu’avant. Ce n’est dailleurs pas spécifique aux couples mixtes.
Les langues

Entre écriture terrifiante et grammaire absurde, Japonais et français sont parmi les langues les plus compliquées à apprendre. Certains couples internationaux commencent à parler en anglais, d’autres dans en français ou japonais, qu’un des conjoints aura appris pendant ses études. La vérité est que l’apprentissage d’une langue une fois adulte et dans la vie active est difficile pour beaucoup. C’est toutefois un effort auquel le conjoint non bilingue doit accorder la plus grande importance : seule une maitrise raisonnable de la langue du conjoint pour les deux partenaires permet une bonne communication avec les familles respectives, et cela aide certainement à s’intégrer dans chacun des pays. Lorsque l’on a une vie professionnelle intense, on n’a souvent pas le courage de se plonger vers 10 heures du soir dans une liste de kanjis ou des conjugaisons du troisième groupe. Un petit congé sabatique de 3 ou 6 mois pour étudier dans le pays la langue du conjoint peut-être une bonne idée.
Les différences de mode de vie

Certains expliquent les difficultés des couples internationaux par des différences de cultures complexes, liées aux philosophies très différentes entre paganisme et christianisme. C’est peut-être vrai, mais je crois qu’il ne faut pas négliger des aspects plus concrets des différences de modes de vie. Il faut décider si l’on enlève les chaussures à la maison (mode japonaise) ou si on les garde (mode française). La douche se prend également le soir (au Japon) ou le matin (en France). Les femmes japonaises retournent dans leur famille pour la fin de leur grossesse, alors qu’elles restent au domicile conjugal en France. Les habitudes alimentaires sont également différentes. Les femmes gèrent l’argent du couple toutes seules au Japon, alors que c’est plus une décision commune en France. Les vacances sont courtes et luxueuses au Japon, alors qu’elles sont longues et souvent « en famille à la campagne pour un mois» en France. Les courses se font tous les jours au Japon, alors que l’on se rend au supermarché pour le caddie hebdomadaire en France. La bonne viande de bœuf est maigre en France alors qu’elle est grasse au Japon. Enfin, peut-être plus important, les japonais n’aiment pas beaucoup les imprévus, et apprécient qu’un emploi du temps soit fixés à l’avance, sans annulation et retard le jour venu. Ce dernier point semble être un de ces qui énervent le plus les conjoints japonais de français.Tous ces sujets d’importance variable font qu’il va falloir trouver un mode de vie commun qui, sur certains aspects, surprendra un des conjoints. Là encore, un compromis est sans doute la meilleure des solutions, il est préférable de parler des sujets les plus sensibles avant une installation définitive.
Ces quelques lignes auront peut-être convaincu qu’un couple international n’est pas anodin. Partager une autre culture est une expérience formidable, mais les contraintes engendrées sont aussi importantes. Un dialogue ouvert et franc est primordial au succès du couple. Cela permettra d’anticiper les difficultés pour mieux les surmonter, et d’établir des compromis acceptables aux deux conjoints.
Informations utiles

Ce post de l’excellent blog « La rivière aux canards » explique l’accord sur les retraites signé entre la France et le Japon.

Des articles précédents de ce blog traitent des couples aux Japon, des démarches administratives pour la venue d'un conjoint japonais en France, et de la vie d'expatrié au Japon.

Je vous propose de compléter mon article avec vos expériences. J’enrichirai celui-ci au fur et à mesure avec les meilleures contributions des commentaires.
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dimanche 23 novembre 2008

Couples japonais

Certains occidentaux arrivent au Japon come à une croisade, pour libérer les pauvres femmes japonaises de leurs peu galants hommes et de la société machiste. Ils viennent enfin leur apprendre l’Amouuur avec un grand A. On comprend que ce rôle auto-désigné soit flatteur, même si l’on peine parfois à voir dans les expatriés des Casanovas des temps modernes. Et la plupart de mes collèges féminins au bureau plébiscitaient aussi certaines qualités des hommes de leur pays, comme la gentillesse, l’attention et la patience, qui compensaient largement le manque de déclarations enflammées et de bouquets de rose. Loin des clichés, les couples japonais, comme ceux des autres pays, tentent d’équilibrer amour, vie matérielle, et exigences sociales, avec des contraintes différentes de celles de l’occident, mais pas forcément moins de succès.
Les histoires de couples commencent souvent à l’adolescence. Au Japon, les années de lycées sont les plus dures du système éducatif : il s’agit pour les enfants de la classe moyenne avec des ambitions d’intégrer la bonne université qui leur offrira une position enviable dans la société. La crise de l’adolescence, et la découverte de l’autre sexe, est souvent repoussée aux études supérieures, au début de la vingtaine. Ces jeunes couples restent souvent une affaire privée : il est très rare de présenter son ami(e) à ses parents avant que cela ne soit sérieux, et ce dernier n’est souvent pas des soirées entre potes. On présente souvent le Japon comme une société où le groupe est important, mais il semble que les japonais défendent avec d’autant plus d’acharnement leur « jardin secret ». Cela peut expliquer en partie le succès des « love hotels », ces établissements à la décoration tape-à-l’œil qui permettent aux jeunes couples de passer quelques heures ensemble sans que les voisins ou la famille ne soit au courant. Le Japon ne connaît d’ailleurs pas les tabous chrétiens, et s’il est fréquent d’attendre quelques semaines ou quelques mois que la relation soit sincère avant de passer une nuit ensemble, personne ne semble souhaiter différer cela jusqu’au mariage, une pratique pourtant encore en vigueur dans les milieux religieux en occident.
Une fois les études finies et l’intégration en entreprise réussie, on commence souvent à penser au mariage. Certains ont déjà rencontré leur conjoint à l’université, en particulier dans les associations étudiantes, les « cercles ». D’autres tomberont sous le charme d’un collègue de bureau. Les jeunes salariés ont souvent de longues journées au travail, et cela ne laisse pas beaucoup de temps pour trouver un conjoint. Les jeunes organisent donc des « go-kons » (合コン), soirées mixtes dans un bar avec un nombre égal de filles et de garçons choisis parmi ses amis ou ses collègues, et en espérant que quelques couples se forment. Un bon organisateur de « go-kon » est un ami précieux. Bien que la tradition se perde, il existe aussi l’ « omiai » (お見合い), les célèbres mariages arrangés organisés par les familles. On y fait tourner des « CVs » avec photos, et des rencontres sont organisées entre conjoints potentiels. J’ai surtout entendu cette parler de cette pratique par des amis habitant à la campagne, mais cela semble très minoritaire maintenant.
La cour dure quelques temps, et comprend de nombreux « dates » (デート). Les incontournables sont la fête de Noël, ou l’on sort avec son conjoint. Tous les restaurants chics sont réservés des mois à l’avance. A la Saint-Valentin, les femmes offrent des chocolats à leur bien-aimé, et lors du « White Day », un mois après, l’homme doit offrir un cadeau du double de la valeur. Beaucoup de couples ne choisissent d’habiter ensemble qu’une fois mariés, et restent dans leur logement de célibataire ou chez leur parent jusqu’au mariage.
Le mariage (kekkon, 結婚) peut se célébrer de diverses façons : il existe la cérémonie traditionnelle au sanctuaire shinto, mais les cérémonies chrétiennes, qui rappellent les films américains romantiques jusque dans le prêtre blond, ont aussi beaucoup de succès. L’anecdote veut que de faux prêtres, professeurs d’anglais ou tenanciers de bar en semaine, officient lors de la cérémonie. Le grand mariage japonais réunit la famille, les collègues de travail des mariés et des parents. Certaines jeunes couples préfèrent un mariage plus intime dans un restaurant avec seulement la famille proche et les bons amis. Le mariage à la maire est une simple formalité, qui s’effectue au guichet sans cérémonial.
Les enfants hors mariage ne sont pas encore entrés dans les mœurs au Japon, même s’il y a depuis peu égalité des enfants naturels devant la loi. La contraception est moins sophistiquée qu’en occident, la pilule est peu répandue et a mauvaise presse. De nombreux couple se marient sur un « dekichatta kekkon » (できちゃった結婚), c'est-à-dire une fois la femme enceinte. L'expression a une connotation de "mariage après une bêtise". Il est en tout cas célébré à la va-vite, souvent sans cérémonie, malgré les efforts des professionnels du mariage qui promeuvent le "sazukarikon" (授かり婚), ou mariage "inestimable", et proposent des cérémonies clés en main adaptées. Tout le monde fait semblant de ne pas remarquer qu’un enfant naîtra 6 mois après le mariage, et très souvent, à la naissance du charmant petit, tout est oublié. Je crois que la situation concerne la moitié des couples. Je me suis demandé à un moment si certains ne choisissaient pas cela volontairement pour éviter d’avoir à « négocier » le mariage avec les familles. Comme les japonais présentent peu leurs conjoints à leur famille avant le mariage, certains parents apprennent l’existence du conjoint, la naissance du futur enfant, et le mariage en même temps. Lors de la grossesse, qui est plus médicalisée qu’en France, les femmes passent traditionnellement les dernières semaines dans leur famille, en laissant le mari seul à la maison. Cela leur permet d’être « dorlotées » par leur mère, et de préparer au mieux l’accouchement. Cela peut sembler choquant, mais c'est certainement pratique.
La condition des femmes au travail est en constante évolution. Traditionnellement, les jeunes filles quittaient leur emploi une fois mariées, mais cela est très marginal maintenant. Il semble par contre qu’il soit toujours préférable de démissionner au mariage si son conjoint travaille dans la même société, ce qui n’empêche pas d’aller dans une autre entreprise. Echapper aux potins de l'entreprise est probablement une grande motivation dans ce cas. Pratiquement toutes les femmes continuent au moins jusqu’à la naissance de leur premier enfant, et beaucoup choisissent de continuer à travailler même une fois le premier enfant né. Avec la baisse de la population, le travail féminin est une nécessité pour les entreprises. Il s’agit toutefois rarement de carrières de premier ordre, ce qui incite certaines « business women » à différer le mariage jusqu’à très tard. Certains organismes, comme les hôpitaux, offrent des crèches à leurs employés, mais même dans le privé, beaucoup continuent maintenant leur carrière, en laissant leur enfant dans les crèches publiques (takujisho, 託児所). Il existe évidemment, surtout dans les grandes villes, des listes d’attente. En plus de l’émancipation, les motivations pour continuer à travailler sont aussi économiques : les salaires ont beaucoup baissé durant les années de crise et l’emploi à vie n’est pas garanti : un deuxième salaire permet de limiter les risques. Les familles et les jeunes papas sont aussi mis à contribution pour s’occuper des enfants. Le Japon a au moins un bon côté par rapport à l’Europe : il est possible de trouver des repas préparés de qualité correcte à très faible prix, que ce soit à emporter ou au restaurant, ce qui peut dispenser une femme occupée de préparer le repas familial tous les soirs.
Le Japon manque d’enfants, et certains attribuent cela, sans doute naïvement, à la faible fréquence des rapports intimes dans le couple. Les couples japonais mettent plutôt en avant le coût important que cela représente : le logement est cher. Si les restaurants sont bons marchés, les supermarchés sont plus chers qu'en Europe. La couverture sociale ne s’étend pas à tous les frais médicaux. Et surtout l’éducation est très onéreuse : les écoles et universités privées sont très répandues et ne sont pas, contrairement à la France, subventionnées. La fiscalité est aussi moins favorable aux familles qu’en France. Un enfant supplémentaire peut donc faire la différence entre une existence confortable de classe moyenne et une vie aux fins de mois difficiles. Enfin, les « career women » reporteront souvent leur mariage après 35 ans, ce qui ne favorise pas la fécondité..
La tradition veut que la femme gère les finances du couple, et laisse au mari un peu d’argent de poche (okozukai, お小遣い) pour ses besoins personnels. Il semble que cela soit encore une règle assez générale, et cela donne certainement aux femmes une place prépondérante dans les affaires domestiques. Les annonceurs s’adressent souvent plus aux femmes quand il s’agit de vendre à la famille. Le parcours éducatif est plus strict au Japon qu’en France, et il n’est pas facile de déménager en cours de scolarité des enfants : ils perdraient alors le bénéfice de leur inscription dans une bonne école. Il existe donc une situation fréquente de « couple à distance » (tanshinfunin, 単身赴任) où la femme reste dans une ville, le mari va travailler dans une autre, en rentrant au mieux tous les week-ends mais plus souvent tous les mois. Cela est bien accepté en général. Les japonais gardent en effet sans doute, plus que les européens, un peu de liberté. Il n’est pas rare de sortir entre amis ou collègues mêmes une fois mariés. Les entreprises japonaises exigent beaucoup de leurs employés, et favorisent la cohésion en organisant des soirées entre collèges, ce qui ne facilite pas la vie familiale. Ces escapades nocturnes sont toutefois moins fréquentes depuis quelques années, car les entreprises ne les passent plus systématiquement en note en frais. J’ai plus entendu parler de soirées hebdomadaires ou même mensuelles, que de beuveries quotidiennes.
Les divorces (rikon, 離婚) sont de plus en plus fréquents au Japon même s’ils restent semble-t-il un peu moins communs qu’en occident : certains couples semblent préférer le retarder jusqu’à ce que les enfants soient partis de la maison, ce qui pourrait expliquer la récente mode des « divorces de personnes âgées ». Il ne faut pas croire que tous les couples japonais sont forcément à la dérive : la plupart des couples matures que j’ai croisé semblaient heureux, ou au moins, avaient trouvé un mode de vie qui convenait aux deux conjoints. Les jeunes couples que j’ai fréquenté semblaient pour la plupart modernes, et peu différents des couples français : un ami japonais a adapté sa carrière pour favoriser celle de sa femme, et les jeunes papas semblent faire beaucoup d’efforts malgré leur travail envahissant pour s’occuper de leurs enfants.

Références

Le graphique suivant publié par les autorités japonaises indique la proportion entre les mariages arrangés (お見合い結婚) et les mariages d'amour (恋愛結婚). Celle-ci s'est inversée au milieu des années 60, et seulement 6% des mariages sont maintenant arrangés contre près de 70% dans les années 1930. lien vers le graphique

Un autre article de ce blog traite spécifiquement des couples internationaux avec un conjoint japonais.

Vous pouvez continuer votre lecture par ces conseils pour les managers expatriés au Japon
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dimanche 20 avril 2008

Cadre étranger au Japon: la suite

La plupart des récits sur les forums d'internet se concentrent sur les détails pratiques pour venir au Japon, tels que la demande de visa. Il est aussi beaucoup question des postes accessibles aux étrangers, tels que professeur de conversation française. Les cadres expatriés ont une arrivée plus confortable dans le pays. Leurs entreprises s'occupent des petits détails, et un appartement les attend dans le centre de Tokyo. Ils ont évidemment un poste tout prêt dans la filiale japonaise de leur groupe. Cela ne veut pas dire que l'expérience soit facile, et le Japon peut être un tueur de carrière, spécialement pour les cadres brillants en Europe. Après l'article du mois dernier, le plus lu du site, je présente ici quelques leçons supplémentaires que j'ai tirées de mon expérience au Japon.
Leçon 6 : Appuyez vous sur vos connaissances
Une fois au Japon, vous perdrez sans doute certains de vos points forts. Si vous êtes un orateur convaincant, cela ne vous servira à rien là-bas, car votre talent ne passera pas la traduction. Les japonais préfèrent souvent les détails aux théories brillantes. Votre réseau tissé avec patience en Europe ne vous servira plus à rien. Vous pouvez être un excellent chef d’équipe, très efficace pour motiver vos collaborateurs, mais cela ne passera pas forcément la barrière de la langue. Un des seuls leviers qui vous reste au Japon est votre expertise. Un programme informatique bien conçu reste bien conçu dans toutes les langues. Un plan projet complet reste un plan projet complet. Les calculs d'efforts pour des pièces mécaniques sont les mêmes partout dans le monde. Un cuisinier talentueux est apprécié dans n'importe quel pays. J'ai souvent vu que les japonais respectaient beaucoup plus les compétences techniques que les compétences managériales, certes très importantes, mais beaucoup plus vagues et difficiles à définir. Si votre travail au Japon vous permet de mettre en valeur votre expertise technique, ce sera une base solide sur laquelle vous pourrez construire votre réputation.
Leçon 7 : Oubliez les concepts et l'abstraction
Les managers occidentaux les plus brillants, ou se voulant les plus brillants, adorent les concepts et les raisonnements abstraits. Les « business schools » et les consultants inventent chaque année de nouvelles idées pour résoudre les problèmes des entreprises. La communication de ces théories est souvent très élaborée, car les organisations qui les produisent doivent justifier de leurs coûts élevés. Des heures de réunion peuvent être perdues quand deux cadres rivaux se battent pour leur idée préférée. Les sceptiques pensent que la plupart de ces concepts sont inutiles ou mêmes dangereux, et que les autres se résument en général à une phrase de deux lignes quand on enlève l’enrobage. Quelle que soit votre opinion sur ces sujets, vous aurez probablement beaucoup de mal à utiliser vos concepts favoris au Japon, comme ils ne sont pas forcément connus ici. Vos collaborateurs, clients et fournisseurs japonais seront probablement très sceptiques au sujet des raisonnements abstraits. Je pense personnellement qu’il y a des raisons culturelles profondes pour cela, mais ce n’est pas le sujet ici. Vous serez en tout cas obligé d’expliquer votre idée favorite dans le détail, et jusqu’à ce qu’elle se traduise par des impacts concrets pour votre entreprise : amélioration de la productivité, des ventes, meilleure qualité ou réduction des coûts. Sur chacun de ces sujets, vous pourrez ensuite discuter efficacement avec vos interlocuteurs japonais. Quand vous reviendrez en Europe, vous souhaiterez peut-être garder cette méthode de travail, qui est en fait très efficace.
Leçon 8: Ne jouez pas avec la vérité
De nombreux cadres, sans parler des hommes politiques, sont tentés de légèrement transformer les faits en leur faveur. Cela peut être pour de bonnes raisons : rendre un bon dossier encore plus attractif peut aider à le faire adopter plus rapidement. Cacher les difficultés d'un changement nécessaire peut aider à le faire accepter, pour le bénéfice à long terme des employés « trompés ». Au Japon, le cycle de décision sera très long, et vos propositions seront décortiqués dans le détail par vos collègues et partenaires. Vous pourriez vous retrouver dans une situation très délicate à devoir expliquer les points sur lesquels vous avez légèrement maquillés les chiffres. Au pire, vous perdrez votre crédibilité, et les bonnes relations que vous aviez commencé à construire. En étant complètement honnête et transparent, vous établirez de la confiance avec vos collègues. Vous serez aussi mieux préparer à compenser les risques identifiés dans votre plan. Un exemple est la délocalisation ou l'externalisation de certaines de vos activités : la réduction des coûts est attirante, mais êtes vous sûr que la qualité restera constante et que l'expérience de vos employés ne sera pas perdue ? Avez-vous pris en compte le coût des licenciements nécessaires, et de la baisse de morale des employés qui resteront ? Etes vous sûr que votre plan en vaut vraiment la peine ? Peut-être serait-il préférable de commencer sur une petite échelle, et de grandir par la suite si tout se passe bien.
Leçon 9 : N’ayez pas peur des négociations souterraines
La théorie veut que les grandes réunions sont celles où se prennent les décisions les plus importantes. Tous les responsables sont en effet présent, et un débat animé peut avoir lieu. A la fin, une des opinions présentée ou un compromis est choisi comme la décision de l’entreprise. Cette décision est probablement en contradiction avec les opinions de certaines des personnes concernées. Cela veut dire que l'entreprise pense que ces personnes ont tort, ou que leurs inquiétudes ne sont pas prioritaires. C'est la vie quotidienne des affaires dans les pays de culture anglo-saxonne, mais dans beaucoup d'autres pays, cela peut être une humiliation publique, et les différentes opinions exprimées peuvent aussi être vues comme un manque d'harmonie et d'esprit d'équipe. Il y a évidemment des opinions très différentes dans les entreprises japonaises comme partout ailleurs. Les japonais pensent toutefois que cela vaut la peine d'arriver à un consensus avant la grande réunion sur le sujet en conduisant une série de discussions informelles avec toutes les personnes concernées pour arriver au meilleur consensus possible pour l'entreprise. En faisant cela, tout le monde sauve la face, et l'harmonie du groupe est conservée. Cela a évidemment un coût, puisque les longues discussions prennent beaucoup de temps. Toutefois, il n'y a pas vraiment d’alternative : si vous ne prenez pas le temps de construire le consensus, vous exprimerez votre opinion directement, et les japonais vous diront ‘oui’, plus pour exprimer le fait qu'ils aient compris que pour signifier leur accord. Ils ne réaliseront pas forcément sur le moment que la décision a été prise. Quand ils s'en apercevront, ils mettront tout en œuvre pour annuler la décision ou la vider de sa substance. J’ai connu un exemple où une entreprise avait fixé une limite (par exemple 1M€) au dessus de laquelle tous les projets devaient être approuvés, dans le but de contrôler les dépenses. La plupart des cadres japonais, qui ne comprenaient pas le contexte, ont tout simplement divisé leurs projets en paquets de 990K€ pour continuer à travailler comme avant.
Pour terminer cette courte série sur le Japon, je souhaiterais vous indiquer un livre intéressant sur la reprise de Nissan par Renault, et comment son président Carlos Gohn l'a implémentée. Si Nissan et Renault ont connu quelques difficultés récemment, il s'agit d'un des redressements les plus spectaculaires des vingt dernières années. Rétrospectivement, j'aurais dû offrir le livre à certains de mes supérieurs lors de mon séjour au Japon.
Turnaround: How Carlos Gohn rescued Nissan, de David Magee. Edited by Collins, ISBN 978-0060514853
Vous pouvez continuer votre lecture par cet article sur des prix très compétitifs au Japon.
Note: Les clichés illustrant ces articles ont été choisi uniquement pour leur esthétique. Je n'ai travaillé dans aucun des immeubles figurant sur ces clichés et les conseils donnés dans l'article ne sont donc pas basés sur des sociétés domiciliées dans ces immeubles.
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samedi 1 mars 2008

Titre de séjour en France pour un conjoint japonais

Suite à plusieurs demandes, ce témoignage explique le parcours suivi par un conjoint japonais de citoyen français pour obtenir un titre de séjour à Paris. Le préalable nécessaire à ces démarches est l’obtention par le conjoint japonais d’un visa de « famille de français » à l’ambassade de France au Japon. Même si le mariage a été célébré en France, il est nécessaire pour le conjoint japonais de retourner au Japon pour obtenir le visa. Si le mariage a été célébré au Japon, il doit avoir été transcrit sur les registres de l’état-civil français avant la demande de visa. Parmi les documents demandés, il est nécessaire de présenter l’original de la carte d’identité (ou un certificat de nationalité française obtenu auprès d’un tribunal d’instance) du conjoint français. Si le conjoint habite en France au moment de la demande de visa, il devra donc se séparer de sa carte d’identité pendant plusieurs semaines, et s’assurera d’avoir un autre titre d’identité disponible (idéalement un passeport valide, mais un permis de conduire suffit dans la plupart des cas).


Une fois le visa obtenu, le conjoint japonais se rendra en France dans les 3 mois. Les billets d’avion aller-simple sont hors de prix (par exemple 415.000 Yens taxes comprises sur Air France pour un billet en mars 2008). Vous pouvez probablement vous organiser avec un billet aller retour beaucoup moins onéreux. Ainsi un billet Air France aller-retour avec un départ en mars 2008 ne coûte que 130.000 Yens taxes comprises pour un séjour de deux semaines. N’hésitez pas à utiliser les offres promotionnelles. Air France offre ainsi un tarif à seulement 100.000 Yens l’aller-retour en avril 2008. Une autre possibilité est d’obtenir un billet aller-simple avec les programmes de fidélité des compagnies aériennes. Un aller-simple entre le Japon et la France sur Air France peut s’obtenir avec seulement 40.000 « miles ».

Une fois à Paris, le conjoint de japonais devra se présenter au commissariat de police correspondant à son arrondissement dans les 2 mois. Le commissariat compétent n’est pas forcément celui de votre quartier, et en mars 2008, 2 commissariats, un situé dans le 17è, l’autre dans le 14è, permettent d’effectuer les démarches. Tous les détails sont sur le site de la préfecture de police de Paris. Le conjoint y obtiendra ainsi un titre de séjour provisoire « récipissé de demande de carte de séjour» valable 3 mois et un rendez-vous à la préfecture de police pour le dépôt de la demande de titre de séjour plusieurs semaines plus tard.

Lors du rendez-vous à la préfecture, la présence du conjoint français est nécessaire. Parmi les documents nécessaires, il est demandé des « preuves de communauté de vie ». Les documents préférés de l’administration sont les preuves de compte communs, les baux de location aux deux noms, l’inscription du conjoint étranger à la sécurité sociale du conjoint français (carte vitale…), les déclarations d’impôt communes. Les couples franco-japonais venant juste de s’installer en France n’ont souvent pas tous ces documents, et l’administration se montre compréhensive même si les documents présentés ne sont pas très convaincants (dans le cas de l’auteur de cet article, quelques billets d’avion communs). Les autres documents nécessaires sont principalement la preuve de mariage (livret de famille), les documents d’identité des 2 conjoints, ainsi que les preuves de domiciles (factures EDF / GDF…). A la préfecture, un rendez-vous sera donné quelques semaines plus tard à l’ANAEM quelques semaines plus tard.

Le rendez-vous à l’ANAEM (Agence Nationale de l’accueil des étrangers et des migrations) prend un demi-journée. Le conjoint japonais subira un examen médical, ainsi qu’un entretien pour déterminer son niveau de français. Il ne s’agit pas ici de tester le français littéraire, mais de vérifier que le conjoint étranger est capable d’effectuer des démarches de la vie courante par lui-même. Si le niveau de français n’est pas suffisant, des cours gratuits et obligatoires seront imposés. Le conjoint obtiendra enfin son précieux titre de séjour (valable 1 an) contre le paiement d’un timbre ANAEM. Il recevra aussi une convocation pour un cours obligatoire d’une journée de « formation civique » quelques semaines plus tard.


La procédure de renouvellement du titre de séjour est plus simple. Il est recommandé de téléphoner au standard de la préfecture de police 2 ou 3 mois avant l’expiration du titre pour obtenir un rendez-vous à la préfecture de police. Il y a souvent 1 ou 2 mois d’attente. Les pièces nécessaires sont les mêmes que pour la première demande de visa. Pour le renouvellement, il sera alors nécessaire de présenter des vraies preuves de communauté de vie. Le conjoint recevra alors un titre de séjour provisoire « récipissé de demande de carte de séjour» valable 3 mois, ainsi que la data à laquelle il pourra venir chercher son nouveau titre de séjour à la préfecture de Police, contre le paiement d’un timbre ANAEM.

Changement d'adresse (ajout le 14 novembre 2008)

En cas de déménagement, il est obligatoire de déclarer le changement d’adresse des ressortissants étrangers dans les 8 jours suivant le déménagement. A Paris, cela s’effectue auprès du commissariat de police du quartier (UPQ) sans rendez-vous et les commissariats sont souvent ouverts tard le soir (jusqu’à 20 heures). Il est par contre nécessaire de réunir un nombre important de documents :


  • les avis d'imposition des 3 dernières années;

  • une preuve de domicile (par exemple une facture EDF à l’adresse du nouveau logement);

  • un certificat d’assurance du nouveau logement;

  • le bail ou le titre de propriété du nouveau logement;

  • un certificat d’inscription à la sécurité sociale (carte vitale).

Visa dispensant de demande de la carte de séjour(mise à jour au 16 septembre 2009)

Il existe maintenant une procédure simplifiée permettant d'obtenir un visa dispensant de la demande de carte de séjour en préfecture. Il faut pour cela remplir un formulaire additionnel lors de la demande de visa, et l'envoyer à l'OFII (successeur de l'ANAEM) à l'arrivée en France.

Plus de détails sur sont disponibles sur le site de l'OFII

Avertissement : les procédures administratives évoluent. La lecture de ce témoignage ne vous dispense pas d’une recherche circonstanciée auprès des autorités compétentes.

Achat de billets Air France depuis le Japon : http://www.airfrance.co.jp/
Site de l’ANAEM : http://www.anaem.social.fr/
L'organisation a été maintenant remplacée par l'OFII (http://www.ofii.fr/)

Préfecture de police de Paris : http://www.prefecture-police-paris.interieur.gouv.fr/ La procédure en détail est expliquée en suivant le lien « Delivrance de documents / Ressortissants étrangers» puis « titre de séjour » et « autre catégorie ».

Ambassade de France au Japon : http://www.ambafrance-jp.org/

Enfin, un autre article de ce blog donne quelques conseils pour réussir un couple international avec un conjoint japonais.

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