lundi 10 mai 2010

Jardins éphémères de quartiers désuets

Les villes japonaises comprennent toutes leur bas quartier, appelé Shitamachi (下町). Une classe populaire, souvent agée y vit, avec ses magasins désuets, ses cantines, et ses rues commerçantes qui se dépeuplent peu à peu, souvent affublées du nom un peu pompeux de Ginza (銀座). On les appelle « Shutter-gai » (シャッター街), les rues des volets fermés. Ces jardins, soumis à l'imagination de leur propriétaires, sont changeants. Ils le sont aussi car ces quartiers à la population âgée sont probablement en train de disparaître. Ils seront remplacés par de grands immeubles offrant des appartements confortables, sûrs, avec des parkings et des terrasses qui se couvriront aussi certainement de pots de fleur, mais l'atmosphère sera différente.
Les habitants de Shitamachi sont certainement modestes, mais intégrés dans la société. La délinquance y est quasiment inexistante. Il n'est pas rare que les portes soient entrebâillées sur la rue, et que les commerçants s'absentent dans l'arrière boutique de leur magasin en laissant leur boutique ouverte. Je leur suspecte parfois de faire la sieste, surtout par les lentes après-midi de plein été. L'atmosphère y est plutôt joyeuse, et l'on discute parfois de sa fenêtre directement avec les voisins aussi restés chez eux du temps, ou des derniers racontars du village. Il faut dire que la maison suivante est parois à 30 centimètres de celle des voisins: on pourrait se passer le sel de fenêtre à fenêtre.
Ces jardins sont conçus autour de petits espaces. Il s'agit parfois seulement de bordures d'une dizaine de centimètre de large autour des maisons, et, pour les plus ambitieux, un petit lopin de cinq mètres carrés. Certains créent aussi une petite terrasse en ferraille sur le toit de leur maison. Il s'agit alors d'aménager au mieux, en installant de nombreux pots de fleurs, parfois à même le trottoir. On trouve parfois d'anciennes baignoires pour bébé ou d'autres récipients de plastiques originaux. Les pots sont parfois protégés de bouteilles en plastique transparentes remplies d'eau qui effraient les chats qui pourraient sinon renverser les plantes. Les habitants y cultivent des plantes robustes comme les aloès.
Les jardins des temples japonais sont les plus connus à l'étranger, mais ces éphémères créations des allées des villes basses sont tout aussi touchantes. Elles rendent agréables des quartiers qui sont souvent un peu isolés et défraîchis. Ces quartiers sont maintenant le lieu de promenade privilégié des « bobos » japonais, et aussi parfois de l'auteur de ce blog.
Après plus de deux ans d'Uchimizu (打ち水), cet article est un bon endroit pour expliquer le sens de ce mot en japonais. Il s'agit en fait d'une coutume populaire japonaise que l'on rencontre encore fréquemment, en particulier dans les bas quartiers. Elle consiste à jeter de l'eau dans la rue en été, souvent en fin de journée, pour rafraichir l'atmosphère. Si cela n'a pas l'efficacité violente d'un air conditionné, l'énergie nécessaire pour évaporer l'eau fait effectivement baisser la température de quelques degrés.
Informations complémentaires

Les photographies de cet article ont été pris respectivement dans les quartiers de Tsukishima (月島 2 clichés) et Nakaya (中谷, 1 cliché) à Tokyo, ainsi qu'à Shimizu (清水) près de Shizuoka (2 clichés), et Kagurazaka (神楽坂), également à Tokyo (1 cliché).

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dimanche 2 mai 2010

A9 - Fabriquez vous-même du Japon au kilomètre

Le côté sombre le plus inavouable de votre serviteur est sa passion pour les jeux de gestion. Alors qu'il y a tant à faire par une belle journée de printemps, il m'arrive de perdre une journée entière à construire sur mon écran une ville ou un empire qui sera ensuite laissé dans l'oubli dans un coin sombre de mon disque dur. Les références du domaines sont les grands jeux américains Sim City ou Civilization, maintenant dans leur quatrième épisode. Alors que la qualité des films se dégrade en général avec chaque nouvel épisode, c'est en général le contraire pour les jeux vidéos: cela peut expliquer pourquoi je suis leur suis fidèle depuis une quinzaine d'années. J'ai plus de mal à suivre la série japonaise A-Train (A列車で行こう), maintenant dans son neuvième épisode (A9), car elle est peu distribuée en occident. Le jeu propose de construire une ville japonaise en dirigeant la compagnie de chemin de fer locale.
Le coeur de l'action est la construction d'un réseau de chemin de fer. Il peut-être à niveau, souterrain ou aérien. Si les épisodes précédents offraient des possibilités parfois trop limitées, cet épisode permet de réaliser les courbes les plus sensuelles et les ponts les plus audacieux. Les gares de la ville japonaise sont variées des quais de métro à la gare de banlieue surélevée, en passant par les grands cubes de béton intégrant quais de chemin de fer et grands magasins. Elles sont ici fidèlement reproduites, jusque dans les lignes jaunes sur les quais. Comme dans la réalité, la construction d'une voie ferre est hors de prix dans des zones trop urbanisées, quelques kilomètres de voies peuvent ruiner: la faillite arrive alors vite. On l'a oublié aujourd'hui, mais les chemins de fers ont été l'investissement spéculatif par excellence au dix-neuvième siècle et au début du vingtième siècle.
Au Japon, la plupart des réseaux se sont construits avant-guerre, à une époque où les villes étaient beaucoup moins urbanisées. Il faut construire au mieux au début, mais en ne voyant pas trop grand. Le réseau peut se compléter par bus et camions, idéales sur les petites distances, mais il est parfois nécessaire de compléter soi-même le réseau routier construit par les autorités.
Le chemin de fer doit ensuite être exploité au mieux. Cela consiste à acheter les bons trains, tous des reproductions fidèles des rames japonaises, et en faire circuler le plus possible sur le réseau aux bons horaires. La tâche tourne parfois au cauchemar. D'autant qu'il faut aussi faire circuler des trains de marchandises pour transporter des matériaux de construction qui permettront à la ville de se développer. En plus de votre empire ferroviaire, vous aurez à construire des usines produisant les fameuses plaques de béton pré-fabriquées qui sont la texture de base des villes du pays. Vous devrez aussi vous occuper des centrales électriques pour éclairer votre belle cité.
Mais l'on ne fait souvent pas fortune dans le train, et pour assurer le développement du réseau, il est nécessaire des développer des activités annexes, supermarchés, immeubles de bureaux, parcs d'attractions et cinémas, placés stratégiquement à côté des gares. C'est conforme à la réalité: les compagnies de chemin de fer, comme la Tokyu (東急) à Tokyo (東京), ou Shizutetsu (静鉄) à Shizuoka (静岡), construisent à proximité de leurs gares diverses commerces, donc certains sont des références dans la distribution: Tokyu Hands est ainsi un équivalent japonais du BHV. Un autre exemple célèbre est le “Tobu Dobutsu Koen” (東武動物公園) opéré par la compagnie de train Tobu (東武), qui s'arrange pour fait terminer un grand nombre de ses trains à cette gare, une publicité insistante à peu de frais.
Cette diversification permet dans le jeu, comme dans la réalité, de réaliser des opérations immobilières intéressantes, en achetant du terrain agricole à bas prix, à proximité des emplacements prévus pour les gares. Vous pouvez bien-sûr construire des hôtels ou des grands magasins, mais aussi des églises à mariage, une entreprise commerciale parmi d'autres au Japon. Les bâtiments construits se revendront beaucoup plus chers une fois la ville développée. Et c'est sans doute cette spéculation qui permettra à votre entreprise d'être rentable. Vous pouvez aussi gagner de l'argent en achetant des titres, un anachronisme qui date de la période de la bulle où il suffisait de placer de l'argent en bourse pour s'enrichir. Les actions japonaises valent maintenant moins d'un tiers de leur valeur au sommet de la bulle, en 1990.
Le jeu reproduit aussi fidèlement les mécanismes de prêt bancaires. Comme dans la réalité, la rentabilité des grosses infrastructures est trop lente, et il est complètement irréaliste d'attendre des revenus de votre entreprise un financement pour l'extension de votre réseau. Vous devrez donc emprunter aux banques, et surveiller de près vos remboursements. Tant que votre entreprise gagne de l'argent et surtout est en croissance, les emprunts ne posent pas de problèmes, mais quand la situation devient plus saturée, il conviendra d'être particulièrement prudent. Enfin, quand votre ville sera bien développée, et que votre entreprise sera riche, vous pourrez investir dans des grands projets: ports, aéroports, parcs d'attraction, et lignes de train à grande vitesse, ainsi que dans des monuments ou de grands buildings. Au total, ce sont plus de 120 différents bâtiments qui peuvent être construits.
Si le béton est international, les villes japonaises ont une atmosphère très particulière, même dans les quartiers modernes. La différence vient d'abord de la lumière: les belles journées au Japon sont plutôt hivernales, ce qui baigne le paysage urbain dans une douce lumière orangée souvent rasante, accentuée encore par la teinte presque jaune des pelouses. Le soir, tout est éclairé au néon blanc, relevé des lumières rouges clignotantes coiffant les plus hauts immeubles et de panneaux publicitaires colorés. Dans un pays où l'industrie du bâtiment est très industrialisée, les fausses briques ou carrelages en résine de teints variés forment la palette avec laquelle la ville se peint. Un peu plus loin, le siège de la multinationale n'est parfois qu'à cinquante mètre d'un groupe de petites maisons collées les unes aux autres. Plus loin du centre, maisons, appartements en préfabriqués, champs et grands immeubles d'habitation se mélangent, avec ça et là un restaurant de banlieue et son grand parking. Le jeu A9 a certainement des défauts, mais il permet de retrouver, comme autant de petites madeleines, de nombreuses sensations de la ville japonaise.
Informations complémentairesLe jeu A9 est édité par la société Artdink, et est en vente depuis février 2010 au Japon. Il n'est pas encore distribué hors du Japon. Les clichés de cet article ont été réalisés dans une ville construite par l'auteur de ce blog, ils ont été retravaillés pour une meilleure qualité.
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lundi 19 avril 2010

Vacances au Japon, courtoisie du volcan

Les tremblements de terre, les éruptions et les fréquents ouragans de l’archipel japonais n’ont jamais retardé les voyages de votre bien inconstant serviteur de plus d’une demi-journée. Et c’est à cause d’un volcan islandais et peut-être des administrations européennes que je suis bloqué depuis ce week-end dans les environs de Tokyo. Je devrais pouvoir rentrer dans une semaine en France, mais cela n’est pas certain.
Il n’est jamais agréable de voir ses plans contrariés, et les perturbations actuelles du transport aérien sont semble-t-il sans équivalent dans l’histoire moderne. Toutefois, dans l’échelle des contretemps, cette aventure n’est pas extrêmement grave : quelques centaines d’euros de faux-frais, et une semaine de congés payés pas vraiment prévue, mais que j’essaierai de rendre agréable et utile, par exemple en écrivant ici. C’est probablement moins grave que de se faire voler sa voiture, et certainement beaucoup moins ennuyeux qu’une grosse fuite d’eau à son domicile.
Je peux d’autant moins râler que le Japon propose un nombre important de services très pratiques à prix modéré qui permettent de gérer ce genre de situations : le "business hotel" qui m’héberge en plein centre de cette ville de 500.000 habitants propose des chambres doubles (équivalentes à un bon deux étoiles français) pour 9000 Yens (73 Euros), petit déjeuner abondant, nécessaire de toilettes, bouilloire pour le thé et connexion internet par câble haut débit compris. Le pressing coûte 300 Yens (2.50 Euros) par chemise pour une qualité impeccable. Toutes les gares proposent des consignes automatiques. Et l’on peut trouver partout des restaurants et traiteurs à bon marché, comme ce restaurant de soba que j’ai découvert à Tokyo où l’on mange un repas chaud et diététique pour environ 450 Yens (3.6 Euros). Pour une semaine, ce serait certainement lassant, mais l’on peut faire un voyage entier en prévoyant environ 1000 Yens par repas par personne. 6 jours au Japon dans des conditions confortables mais non luxueuses me coûteront donc environ 81600 Yens (665 Euros) pour deux personnes hors transports et loisirs, mais sourire compris. En France, dans une ville de Province équivalente, une prestations comparable mais probablement de qualité inférieure (*) reviendrait probablement à prêt de 1000 Euros, soit 50% de plus. Comparer des prix comme cela est toujours imprécis, mais l’expérience laisse l’impression que l’on en a plus pour son argent au Japon que dans notre beau pays. Ayant des attaches dans les deux pays, je réfléchirais sans doute longuement avant de m’installer dans l’un ou l’autre pays, et si je devais un jour monter mon entreprise, il est possible que je choisisse de partir avec mes idées au Japon ou ailleurs.
D’autant que la crise du volcan islandais a probablement révélé une autre faiblesse de notre vieux continent. Les cendres volcaniques sont certes dangereuses pour les moteurs d’avion. Il y a en particulier eu un incident en 1983 qui a provoqué l’arrêt de quatre moteurs d’un avion en Indonésie. Le contexte était aussi particulier, avec la mort du president polonais dans un accident d’avion quelques jours avant les perturbations actuelles. Toutefois, il n’y a eu à ma connaissance aucun accident majeur dû aux cendres volcaniques ayant entraîné des pertes de vie sur un vol commercial. Une fois sorti du nuage volcanique, les moteurs redémarrent en effet. Même un arrêt total des moteurs, si cela devait arriver, permettrait certainement aux avions au dessus de l’Europe de rejoindre une piste, un avion à 10000 mètres d’altitude pouvant planer sur plus de 100 kilomètres. La manœuvre n’est évidemment pas recommandée, mais c’est un élément de plus pour relativiser le risque.
Les vols de tests effectués hier dimanche par Air France et Lufthansa n’ont relevé aucune influence sur les avions, il est probable que le nuage de cendres au dessus de l’Europe, très dilué, n’ait pas provoqué d’incidents. Les services météorologiques, armées et directions de l’aviation civiles auraient pu probablement effectuer des mesures plus précises, pour définir des zones de faible danger dans lesquelles on pouvait faire transiter des avions, sans plus de risque que celui lié, par exemple, à un pilote distrait. Je ne suis évidemment pas spécialiste, mais j’ai une suspicion très forte que l’analyse de risque n’a pas été réalisée correctement, au nom d’un principe de précaution excessif.
J’ai vu également peu de solutions créatives mises en place, alors que les aéroports d’Afrique du Nord, ou du sud de l’Europe (tous à moins de 48 heures de la France en bateau ou en bus) ont pu rester ouvert. On aurait même pu imaginer des transferts en avion de transport militaire pouvant probablement supporter la poussière volcanique. Un ministre a bien évoqué des transferts en train depuis Moscou pour les passagers en Asie, mais 5 jours après le début des évènements, aucune de ces solutions n’est en place. Une connaissance se marie le week-end prochain en Europe avec son conjoint japonais, et je suis sûr que la famille japonaise aurait accepté de faire 2 jours de transfert en bus si nécessaire pour assister à cet évènement unique. Des commerciaux en route pour la négociation de leur vie étaient probablement prêt à un Palerme-Paris en train couchette pour être là à temps. Il y a certainement des contraintes logistiques qui font que certaines de ces alternatives sont de fausses bonnes idées. Mais en plus du principe de précaution, cela laisse l’impression d’une certaine paresse intellectuelle de nos politiques. Et tout ceci coûte cher : il faudra chiffrer précisément les impacts de la crise, mais les milliards envolés en avions et en hôtels vides ont aussi un prix en vies humaines.
Les incidents volcaniques de ces derniers jours sont aussi une bonne occasion de réfléchir sur la dépendance de notre société envers les avions à réaction, une technologie de pointe, qui a besoin du pétrole. Le transport aérien a une place plutôt marginale dans l’économie, et si l’on est en rupture de stock de mozzarella italienne ou de macarons “Made in France” au Japon, cela n’est pas très grave pour le tout-venant. Certains industriels peuvent être plus importunés si par exemple, une pièce de rechange devant voyager par avion bloque une machine importante dans une usine. Les communications, de leur côté sont à peine perturbées: avec Internet, on se soucie à peine que le courrier international n’arrive plus. C’est pour le transport de personne intercontinental que l’avion reste incontournable. Un homme politique visionnaire pourrait sans doute lancer le projet d’une ligne grande-vitesse trans-sibérienne qui donnerait une alternative aux voyages en avion plus lente, et probablement plus coûteuse, en tout cas tant que le carburant des voyages internationaux est détaxé (**). En attendant, les passionnés du Japon feraient bien de déposer des cierges devant les locaux de Rolls-Royce, d’Airbus et de Total qui leur permettent d’assouvir leur passion.
Annexes

J'ai découvert à l'occasion de mon retour en France un solution économique et pratique pour une dernière nuit au Japon avant un avion tôt le matin: L'hôtel Nikko de Narita (ホテル日航成田) propose des chambres doubles confortables à environ 10.000 Yens (86 Euros) la nuit, ainsi qu'un service de bus depuis la gare de Tokyo (départ 21:30 ou 23:45) ou Haneda (départ 21:00 ou 23:15) à 1500 Yens par personne (13 Euros) depuis Tokyo (les bus et le Narita Express coûtent environ 3000 Yens (26 Euros) sur la même distance). La réservation est possible en anglais sur le site ( http://www.nikko-narita.com/english/ ). Le détail du service de navettes de bus est disponible sur la page http://www.nikko-narita.com/access/bus_01.html (japonais uniquement)

(*) Estimation en France basée sur un 3 étoile entrée de gamme à prix discount à Nantes (90 Euros petit-déjeuner compris, + connexion internet 10 Euros / jour), deux chemises au pressing (5 Euros par pièce), un déjeuner dans une boulangerie (7 Euros / personne) et un diner dans un restaurant bon marché à 20 Euros par personne.

(**) si l’on applique les taxes en vigueur dans l’automobile (de l’ordre d’1 euro par litre) sur le carburant aérien, on obtient un surcoût de 600 Euros par personne par aller-retour avec le Japon en se basant sur une consommation de 3 litres au 100 km par passager.
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dimanche 29 novembre 2009

L'or de Kanazawa

«Un long tunnel entre les deux régions et voici qu'on était dans le pays de neige. L'horizon avait blanchi sous la ténèbre de la nuit. Le train ralentit et s'arrêta au poste d'aiguillage. ”. L'écrivain Kawabata commence par ces phrases Yukiguni (雪国), le “pays de neige”, un des plus célèbres romans japonais du dernier siècle. Aujourd'hui, le confortable Shinkansen (新幹線) rempli de skieurs a remplacé le train de nuit à vapeur, mais l'on est toujours surpris en quittant Tokyo sous le soleil de se trouver brutalement, après un tunnel, dans un paysage blanc. Après avoir changé le train, on parcours ensuite une longue vallée où les voies longent parfois des pistes de ski avant de rejoindre la plaine de la mer du Japon et d'arriver à Kanazawa, (金沢) la ville des «  ruisseaux d'or ».

La ville a la réputation d'être un petit Kyoto. Comme sa grande soeur, elle dispose en tout cas d'une superbe gare moderne. Et comme la ville du Kansai(関西), c'est d'abord une métropole vivante, avec ses avenues, ses néons et ses grands-magasins. Vous ne serez donc pas déçu d'y retrouver aussi ce béton fonctionnel et peu esthétique qui constitue l'essentiel des villes japonaises. Mais la cité a eu aussi la chance de ne pas être bombardée par les américains lors de leurs campagnes incendaires de la seconde guerre mondiale: il est amusant que les occidentaux se plaignent souvent du manque de quartiers traditionnels dans les villes japonaises alors qu'ils en sont en grande partie responsables. Kanazawa a pu garder intact de nombreux vestiges des derniers siècles. Je conseille aux voyageurs de passage dans la ville d'oublier dès la sortie de la gare le parallèle avec Kyoto, qui pourrait décevoir.

En partant de la gare, vous pouvez rejoindre les quartiers touristiques en descendant pendant une dizaine de minutes la vaste avenue qui se trouve face à vous, jusqu'au carrefour de Musashi. A mi-chemin sur la gauche se trouve la rue commerçante de Yokoyasuecho(横安江町), qui rassemble les boutiques « bobos » version japonaises: les patronnes y cultivent souvent le style « entrepôt chic », le béton nu est un favori: on y vend des accessoires souvent hétéroclites, allant des serviettes aux petites poupées, dont le seul point commun est qu'ils sont au goût de la propriétaire, souvent une femme au foyer qui tient boutique plus pour se distraire, et se créer son petit monde, que pour gagner de l'argent. C'est une partie moderne, et plutôt calme, de la ville. Au carrefour, face à vous se trouve le marché de la ville, mais vous pouvez aussi prendre à droite la grande avenue descendant vers la ville qui est le coeur du Kanazawa moderne. C'est là que se trouvent la plupart des commerces et grands magasins.

Le marché couvert d'Omi-cho (近江町市場) propose les produits locaux, dans une ambiance populaire sympathique. En saison (février et mars), les délicieux crabes géants sont la vedette incontestée. J'y ai dégusté de bons matin de délicieuses huitres juste cuites sur la braise par un marchand qui y avait installé un petit barbecue. Les poissons de la mer du Japon sont également réputés, et c'est pour cela que la ville est une des capitales du sushi au Japon. Un petit restaurant de sushi tenu par un chef de près de 80 ans, mérite le voyage pour la qualité des ingrédients, et la créativité, notamment une anguille assaisonnée d'un zeste de citron et de poivre. Il n'est pas rare que des gourmets et hommes d'affaire fassent le détour depuis Tokyo ou Osaka pour y déjeuner, à l'instar des « TGV Bocuse » du début des années 80 en France. Outre le poisson et les crustacés, la ville est aussi célèbre pour la qualité de son riz et de son Nihonshu, appelé « Sake » par les occidentaux. Au nord-est du carrefour de Musashi se trouvent deux boutiques célèbres: Fumuroya vend des petits gateaux de protéines de gluten de blé appelés Fu (麩), délicieux si bien préparés, et Tawaraya vend des confiseries japonaises traditionnelles, où le sucre est réduit en poudre. Dans les deux cas, on achète autant le goût, que la forme des aliments, préparés avec art. Ce quartier est celui des marchands, et de nombreux magasins sont encore dans des bâtiments en bois traditionnels.

Après une visite au marché, on peut rejoindre le château par de petites rues à flanc de collines. Le château de Kanazawa (金沢城) était un des plus vastes du Japon depuis sa construction au 15è siècle par le noble local, un des plus importants du pays. Il fut toutefois brûlé plusieurs fois, la dernière à la fin du 19è siècle. Dans la grande tradition japonaise des reconstructions après les catastrophes, une des ailes du château a toutefois été remarquablement restaurée avec les techniques de l'époque en 2001. La forme en losange a obligé les charpentiers à travailler les poutres dans une forme improbable, une prouesse technique.
A proximité du château se trouve le jardin de Kenrokuen (兼六園), qui était à l'origine le jardin extérieur du château. Les japonais adorent les classements, et ont décidé que ce parc faisait partie de la liste officielle des 3 plus beaux jardins du Japon (avec un celui de Mito, au nord de Tokyo, et celui d'Okayama). Les jardins japonais sont souvent petits, mais celui-ci, avec ses 10 hectares, a la surface d'un grand parc européen. Il est en particulier célèbre pour les structures de soutien en forme de parapluie (yukitsuri) des pins vénérables bordant l'étang qui leur permettent de supporter le poids de la neige en hiver sans rompre les branches. On raconte que l'étang devait surtout servir de réserve d'eau pour les douves du château, et qu'il était possible de le vider en quelques heures en cas d'urgence pour remplir les douves. Le parc comprend aussi des vergers, des étangs et des chutes d'eau.

Le quartier a proximité du parc de Kenrokuen est très agréable, car l'on est entouré par la verdure, ce qui est très rare dans les villes japonaises toujours exigues, où le moindre espace est utilisé. La ville a construit dans un des jardins un sympathique musée d'art moderne, le musée du 21ème siècle (21世紀美術館), dont la vedette est une piscine permettant de se promener sous l'eau. Une autre installation impressionante est une pièce sans toit complètement vide, qui permet d'admirer le ciel, souvent couvert, de la région. Le musée, qui faisait sans doute partie d'un des plans de relance de l'économie dans les années 90, offre une visite agréable. On ne peut toutefois s'empêcher de se demander si ce somptueux bâtiment, néanmoins très intéressant, était nécessaire dans un pays déjà sur-endetté.

En revenant vers l'est, on peut, après avoir traversé la grande avenue commerçante, rejoindre le quartier de « Nagamachi Buke Yashiki » (長町武家屋敷). A l'image du quartier de Yamanote (山の手) sous le Shogunat à Tokyo, tous les nobles de la région, appelée alors « Kaga », habitaient dans la ville de Kanazawa. Il leur était attribuée une parcelle de terrain en fonction de leur revenu, un samurai moyen recevant environ 800 m2. Entouré par deux petites rivières, l'endroit a gardé de belles rues avec des murs traditionnels entourant les vastes propriétés. Même si les constructions, pour la plupart du début du 20ème siècle, ne sont pas si anciennes; l'on se sent transporté pour quelques minutes dans l'âge des samurais et autre geishas, jusqu'à ce qu'une petite camionette chargée de gravats, ou une lycéenne beuglant dans son téléphone portable vienne malheureusement rompre le charme de l'endroit.

Pour retrouver le passé, on peut aussi rejoindre un des quartiers des plaisirs en périphérie de la ville historique. Ceux-ci comprennent des rues remarquablement conservées, dont la célèbre « Higashi-Jaya », qu'il faut regarder dans la bonne direction: une extrémité en est occupée par une boutique de coiffure des années 50 désaffectée qui rompt complètement le charme, alors que l'autre extrémité ouvre vers une plus esthétique colline. Ces quartiers datent du 17è siècle, époque où Kanazawa était la plus riche ville de province du Japon, grâce aux récoltes abondantes de riz, plus qu'aux mines d'or qui lui ont donné son nom.
Il ne reste par contre que peu de traces d'un épisode original de l'histoire de la région: Le « royaume paysan » de Ikko-ikki (一向一揆) , quand des moines de la secte bouddhique du même nom et des paysans ont pris le pouvoir à un clan affaibli lors d'une révolte populaire, et établi une république teintée de théocratie qui a duré une centaine d'années; jusqu'au début de l'unification du Japon par Toyotomi Hideyoshi.

Détails pratiques

Accès depuis Tokyo: Shinkansen MaxToki (Maxとき) jusqu'à Echigo Yuzawa(越後湯沢), puis express limité Hakutaka ( 特急はくたか), 4 heures, environ Y12410 (95 Euros), réservation recommandée

Accès au jardin Kenroku-en: de 8 à 17h en hiver (mi octobre à fin février) et de 7 à 18 heures le reste de l'année. Y300 par personne (2.5 Euros). (site en anglais : http://www.pref.ishikawa.jp/siro-niwa/kenrokuen/e/)

Accès au château: le jardin est ouvert aux mêmes horaires que le Kenroku-en. L'aile rénovée du château (Hishiyagura) se visite tous les jours, de 9 à 16h30 (dernière entrée à 16 heures) Site en anglais: http://www.pref.ishikawa.jp/siro-niwa/kanazawajou/index_e.html

Musée du 21ème siècle: Ouvert de 10 heures à 18 heures sauf le lundi, Entrée: Y 800 (6 Euros), site en anglais http://www.kanazawa21.jp/en/

Boutique et restaurant Fumuroya (不室屋) service de déjeuner de 12h à 14h et salon de thé de 14h à 15h30. Fermé le dimanche.

Restaurant de sushi gastronomique Komatsu Yasuke (小松弥助), ouvert tous les jours de 11h30 jusqu'à épuisement du stock (souvent autour de 15 ou 16 heures), réservation de rigueur. Tel: 076-261-6809, Adresse: Apa Hotel Rez de Chaussée, Ikeda-Cho 2-21-1, Kanazawa (石川県金沢市池田町二番丁21-1 アパホテル 1F), prix autour de Y10.000 (75€) par personne, fermé le mardi et le mercredi


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dimanche 13 septembre 2009

Doit-on plaindre ceux qui gagnent les élections ?

Dans le quartier chic et légèrement canaille d'Akasaka, les belles voitures sont courantes, souvent noires et aux vitres teintées. Mais je fus surpris de devoir céder le passage à une superbe Rolls-Royce blanche dont l'autoradio inondait la rue de musique disco. Elle était conduite par un homme d'âge mûr souriant et excentrique. Les portes étaient décorées du slogan « Sumairutoo » (スマイル党), le parti du sourire. J'ai ensuite appris qu'il s'agissait de « Mac Akasaka », le responsable et unique candidat du parti qui a mené une campagne sur le thème « Arrêtons de faire la gueule, sourions, et soyons moins stressé ». Des idées plus dangereuses et moins utiles ont porté leur candidat au pouvoir. Mais assez injustement, notre sympathique Mac n'a pas dépassé les 1000 voix dans une circonscription par ailleurs remportée par le parti démocrate(民主党). Ce groupe a obtenu la majorité absolue dans le pays, et pour la première fois depuis 53 ans, le parti libéral démocrate (自民党) sera écarté durablement du pouvoir. Un tel événement aurait provoqué de grandes fêtes populaires en Europe. Pourtant, le soir de l'élection, il n'y a eu aucun signe de joie au Japon.
Le désintérêt relatif des japonais pour la politique frappe beaucoup de visiteurs étrangers. Les derniers potins du gouvernement ne sont certainement pas un sujet de conversation, et d'une façon générale, les japonais ont peu d'intérêt pour les idéologies. Ni le marxisme, ni l'idéal d'un âge d'or conservateur chrétien, ciments des traditions politiques en Europe n'y font recette. Il y a dans une certaine mesure deux France, de gauche et de droite, avec pour chacune leurs élites et leurs classes populaires : leur rivalité rappelle parfois celle entre clubs de football. Cette distinction n'existe pas au Japon. Il serait ainsi complètement incongru de demander à un artiste s'il est « de gauche » ou « de droite ».
Pourtant, il serait faux de croire que les japonais sont trop respectueux de l'harmonie sociale pour avoir des opinions politiques . Ils ont même la critique facile, parfois cruelle. En entreprise ou dans leur voisinage, les japonais aiment commenter et donner leur avis, en critiquant parfois sans ménagement. Cela s'étend d'ailleurs à la politique locale: les premiers mouvements de contestation du parti au pouvoir ont souvent eu lieu dans les années 90 lors de l'opposition de la population à des projets discutables, comme la construction de barrages sur la dernière grande rivière sauvage du pays dans la préfecture de Tokushima (徳島), ou la construction d'un pont de style français au coeur de Kyoto (京都). Les grands scandales de corruption, comme l'affaire Lockheed dans les années 70, ont aussi parfois temporairement mis à mal le pouvoir, mais il a toujours su, jusque dans les années 90, se renouveler.
Si le parti libéral démocrate a gardé le pouvoir pendant 53 ans, à l'exception de quelques mois en 1993, c'est d'abord parce que le pays a été remarquablement gouverné jusqu'au milieu des années 80 par une administration efficace travaillant en symbiose avec les politiques et les grandes entreprises. Tout n'était pas parfait dans le Japon de la fin des années, 80, mais le pays était prospère, plutôt égalitaire et très sûr: de quoi être l'envie du reste du monde. Le contexte de guerre froide fut aussi très concret au Japon, un pays qui partage des frontières maritimes avec la Chine et la Russie, et qui a subi les raids réguliers de commandos nord-coréen kidnappant des citoyens sur la rive de la Mer du Japon. Le parti libéral-démocrate, garant de l'alliance américaine, rassurait face à une opposition plus aventureuse diplomatiquement. Il y avait aussi une certaine forme d'alternance en fonction du poids des différentes factions qui donnait une obligation de résultats: une équipe médiocre aurait très vite fait chuter sa faction à l'intérieur du parti. les chefs de faction avaient ainsi le pouvoir de démettre les premiers ministres. Un autre facteur de longévité est le réseau de « clients » du partis, en particulier dans les zones rurales: un député qui amenait des subventions a sa circonscription était tout naturellement réélu. C'était aussi une sorte de redistribution : les grands projets de construction donnaient du travail aux ouvriers, et les subventions agricoles amélioraient le sort de paysans peu fortunés. Le parti a aussi prolongé son règne par son alliance avec le Komeito, un parti religieux bouddhiste qui dispose d'un corps éléctoral limité mais très fidèle.
Le système a plutôt bien fonctionné jusqu'en 1991, où un premier ministre pourtant populaire, Toshiki Kaifu (海部 俊樹), n'a pu passer un plan de réforme sans doute nécessaire, car sa faction n'avait pas assez d'influence au sein du parti. Une autre occasion peut-être manquée est l'échec de l'introduction de primaires en 1978. Devant les ressentiments générés, le parti est vite revenu aux arrangements à l'amiable pour désigner ses responsables. Le parti libéral démocrate n'a pas su non plus utiliser la popularité de Junichiro Koizumi, premier ministre de 2001 à 2006, avec un programme libéral et modérément nationaliste. Trois premiers ministres se sont succédés depuis de façon chaotique.
S'il a fallu presque 20 ans après le début de la crise en 1989 pour que le parti libéral démocrate perde le pouvoir, c'est aussi parce que l'opposition a eu beaucoup de mal à s'organiser. Leurs partis n'avaient pas forcément de pression pour devenir responsables quand ils étaient condamnée à une opposition permanente, ce qui laissait libre cours aux aventures individuelles, et à la valse destructrice des egos. Le parti démocrate est ainsi seulement né en 1998 de la fusion de petits partis d'opposition, et n'existe dans sa forme actuelle que depuis qu'il a incorporé en 2003 des dissidents du parti au pouvoir.
Cela explique sans doute pourquoi l'arrivée au pouvoir du parti démocrate ne soulève pas l'enthousiasme des foules: le parti n'a pas toujours une idéologie claire, et il Il a une structure de pouvoir complexe: si Yukio Hatoyama (鳩山由紀夫) sera premier ministre, Ichiro Ozawa (小沢一郎), un ancien dissident de l'autre bord, est maintenant le maitre réel, dans l'ombre, du parti. Ses dirigeants font également largement parti du milieu de la politique japonaise: Yukio Hatoyama est le petit fils d'un premier ministre, le fils d'un ministre des affaires étrangères, il est aussi affilié par sa mère à la famille d'industriels Ishibashi (石橋), propriétaires de la marque Bridgestone. On comprend pourquoi la plupart des japonais, même s'ils ont voté pour l'opposition, furent très sceptiques sur le programme du parti démocrate. Celui-ci promet d'ailleurs beaucoup aux électeurs, sans expliquer forcément d'où viendra l'argent, dans un pays très endetté: les emprunts de l'état représentent presque 200% du PIB, plus de deux fois le ratio français. Un autre facteur de scepticisme est le pouvoir que garderont les hauts fonctionnaires largement responsables des politiques actuelles. Le nouveau gouvernement aura besoin de ces bureaucrates pour gouverner, car la plupart des ministres manqueront d'expérience dans leur domaine. Réussir à faire changer la haute fonction publique sans se l'aliéner demandera sans doute une grande finesse politique.
Avec toutes ces réserves, l'alternance reste un grand événement. Si aucun des deux grands partis n'implose, un risque toujours présent, le Japon aura un système politique mature, avec deux partis de gouvernement alternant au pouvoir, ce qu'Ozawa a souhaité depuis le début des années 90. C'est le système le plus efficace dans toutes les grandes démocraties, et cela le sera sans doute aussi au Japon.
Beaucoup pensent que le nouveau gouvernement a correctement identifié les points faibles du pays: il promet ainsi de renforcer le système de sécurité sociale japonaise: ce dernier est très incomplet et oblige les particuliers à beaucoup épargner en cas de coup dur, limitant ainsi la consommation. Outre les conséquences humaines dramatiques dans certain cas, cela rend le pays trop sensible aux exportations: ainsi, cette année, l'économie japonaise devrait se contracter de plus de 6% quand la France subira sans doute moins de 3% de récession. Le coût de l'éducation des enfants, seulement en partie pris en charge par l'état, est aussi un frein à la natalité. Le financement de cette nouvelle protection sociale n'est toutefois pas du tout assuré: les promesses d'économies basées sur l'élimination des gaspillages actuels du gouvernement semblent très aléatoires. Sur certains points, la politique proposée n'est pas facile à comprendre: le nouveau gouvernement se veut écologique, mais propose de baisser la taxe sur les carburants, et de supprimer le péage des autoroutes.
Le succès de ces réformes nécessaires n'est pas assuré: l'histoire du Japon est fait de périodes de repli vers le passé, et donc de lent déclin relatif, suivi par des phases de réformes rapides et efficaces, souvent après une humiliation nationale. Ces transformations n'ont jamais été le fait de révoltes populaires, mais sont toujours venues d'une partie clairvoyante de l'élite. L'année prochaine, la Chine devrait dépasser le Japon pour devenir la deuxième économie mondiale, cela pourrait être l'électrochoc dont le pays a besoin pour décider de se moderniser.
Résultat des élections japonaises (sur 480 sièges, majorité absolue à 241 sièges)

Majorité

Parti démocratique du Japon: 308 sièges (+ 195)
Parti social démocrate: 7 sièges (=)
Nouveau parti des citoyens: 3 sièges (-1)

Opposition:

Parti libéral démocrate: 111 sièges (-177)
Nouveau parti « Komeito »: 21 sièges (-10)

Partis indépendants:
Parti communiste japonais: 9 sièges (=)
Parti de tout le monde: 5 sièges
Indépendants: 8 sièges
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