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dimanche 14 septembre 2008

Une journée à Osaka

Le Japon contemporain est résolument matérialiste, et la grande ville d’Osaka (大阪) est à la pointe de cette tendance. C’est le minimum que l’on attende d’une ville où le salut traditionnel, maintenant légèrement désuet, est « Mokarimakka ». La traduction approximative en serait « comment vont les affaires ? » ou « avez-vous fait de l’argent aujourd’hui ? », une franchise rafraichissante que j’ai retrouvé récemment dans une carte de vœux française surprenante me souhaitant « fric et santé ». Osaka a été, pendant la plus grande partie de l’histoire japonaise, le centre économique du pays. Plus que Tokyo (東京) la grande rivale, ses nombreux « villages » et ses parcs, Osaka est LA ville japonaise, dense, vivante, bruyante et tellement sympathique.
Les français peuvent difficilement imaginer la rivalité entre la région de Tokyo et la région d’Osaka. Il y a évidemment des duels sportifs en baseball entre les Yomiuri Giants (読売巨人) et les Hanshin Tigers (阪神タイガース). C’est aussi un choc de culture entre des Tokyoites sur leur quant-à-soi et des habitants d’Osaka exhubérants et adorant parler en public. L’émission Tantei Knight Scoop (探偵ナイトスクープ) produite dans le Kansai montre la nature ouverte des locaux qui se mettent volontiers en scène, apprécient l'absurde et ne se prennent pas trop au sérieux. La région se distingue aussi avec le Kansai-Ben, dialecte différent du parler d’Edo devenu japonais standard. L’on vous traitera ainsi de « Aho » à Osaka alors que vous seriez plutôt « Baka » à Tokyo, les deux termes signifiant « imbécile ». Il existe suffisamment de vocabulaire distinct pour qu’on reconnaisse immédiatement, en plus de l’accent, le natif d’Osaka.
Surtout, Osaka est au cœur de la région d’Osaka-Kobe-Kyoto(keihanshin, 京阪神) qui compte 18 millions d’habitants sur une surface équivalente à celle de la région parisienne, pour 2.6 millions d’habitants dans la ville même. Autrefois appelée « Yamato », cette plaine a été le cœur de l’histoire japonaise jusqu’à l’installation du Shogunat à Tokyo au 17ème siècle. Osaka, appelé autrefois Naniwa (難波) a même été capitale du pays. La tombe géante de l’empereur Nintoku (仁徳天皇, 4ème siècle) en forme de ‘trou de serrure’ à Sakai, est un vestige impressionant de ce passé. Si la culture de cour vient de Kyoto, Osaka n’est pas seulement un entrepot géant, il est le berceau des marionnettes bunraku (文楽), et a joué un rôle important dans l’évolution du Kabuki, une forme de théatre traditionnelle. Comme Lyon en France, le Kansai a donc le « droit d’aînesse » au Japon.
Plus récemment, la rivalité économique se retrouve dans celle entre Matsushita (松下, propriétaire des marques Panasonic et National) domicilié à Osaka et Sony, qui a son siège dans le sud de Tokyo. Osaka est aussi la ville de Sanyo, Sharp, Suntory, Daijin, Mizuno, et Zojirushi. La liste est impressionante mais la ville, très industrielle, a beaucoup souffert de la crise des années 90. Elle a par contre gardé sa réputation de lieu où l’on aime la bonne chère : Okonomiyaki(お好み焼き), Takoyaki (たこ焼) et Udon (うどん) sont parmi les spécialités locales les plus connues. Terminons en constatant que le Kansai, au contraire de la région de Tokyo, a été aménagé principalement par les compagnies de train privés, avec un résultat finalement aussi pratique que celui de la capitale.
Une visite du centre d’Osaka pourra commencer à Umeda, le quartier moderne entourant la gare d’Osaka. Au nord de la gare se trouve le centre commerçant, avec les grands magasins japonais. Au sud se trouve le quartier d’affaire avec ses immeubles modernes. On pourra marcher jusqu’au centre ville, Namba(難波), en remarquant au passage les quelques bâtiments de la première moitié du 20ème siècle qui ont survécu aux grandes catastrophes. La banque du Japon a le style néoclassique des batiments officiels du début du siècle, et le siège de la compagnie Osaka Gas(大阪ガス), un peu plus au sud est un bel exemple d’architecture des années 30. Le quartier à l’ouest de la Midosuji(御堂筋), la grande artère nord-sud agréablement plantée, est l’endroit le plus intéressant.
Le quartier de Nanba est le centre d’Osaka. Il s’étale sur les rives de la 'Dotonbori' (道頓堀). Avec ses enseignes originales, dont le célèbre crabe mécanique, c’est une métaphore du Japon matérialiste, et aussi un quartier commerçant sympathique. Ses galeries couvertes lui donnent un petit air de ville de province. C’est historiquement le quartier des distractions, et il comptait de nombreux théatres de Kabuki.
Le tour du centre ville peut se terminer à Tsutenkaku (通天閣), une tour publicitaire construite en 1956 et sponsorisée par la société Hitachi sur le site d’une réplique plus ancienne de la Tour Eiffel, détruite pendant la guerre. A proximité de la station de métro d’Ebisucho mae(恵美須町駅), c’est un très bon exemple de cette architecture de style « Showa », du nom du règne de l’empereur d’après-guerre. Celui-ci mèle le béton au métal. Après un séjour assez long au Japon, on arrive à apprécier son atmosphère désuette.
Un voyage à d’Osaka peut se compléter agréablement par la visite du parc d’attraction d’Universal Studio Japan, du chateau de la ville, reconstruction d'après-guerre offrant de belles vues sur la ville, et surtout par le superbe aquarium (Kaiyukan, 海遊館). Terminons en signalant qu’Osaka peut être une base très pratique pour visiter les villes voisines de Kyoto et Nara(奈良), en particulier pendant les périodes d’Obon ou du Golden Week, où il est impossible de trouver un hébergement à Kyoto.Les « business hotels » d’Osaka seront en revanche presque vides.

Vous pouvez continuer votre lecture en prenant le Tokaido Shinkansen, qui vous emmenera dans la région de Tokyo.

Renseignements pratiques

Accès à Osaka : vols directs depuis Paris par Airfrance (1 vol quotidien), possibilité de billets en « open jaws » (par exemple aller vers Osaka, retour depuis Tokyo) au même tarif qu’un aller retour.

Accès depuis Tokyo : Tokaido Shinkansen Nozomi : 2h36min, 14,050 Yens, Hikari 3h07, 13750 Yens. Arrivée à Shin-Osaka (新大阪) Accès rapide à Umeda, Honcho, et Namba par la ligne de métro Midosuji-sen (御堂筋線).

Accès à Kyoto : ligne Keihan (京阪線) de Yodoyabashi (淀屋橋) à Keihan Sanjo (京阪三条) en plein centre ville(51 minutes, 400 Yens), ou JR de Osaka à Kyoto (moins pratique).

Accès à l’aquarium : ligne de métro Chuo-sen, 7 minutes depuis la station Honcho jusqu’à OsakaKo (大阪港), correspondance entre la JR Loop line et la ligne Chuo à la station de Bentencho (弁天町) ou Morinomiya (森ノ宮). Ouvert de 10 heures à 8 heures, entrée Y2000 pour les adultes. Détail des horaires et activités sur le site (http://www.kaiyukan.com/eng/info/index.htm).

Accès à Universal Studio Japan Ligne : JR Yumesaki (ゆめ咲線), sortie à « JR Universal City », 5 minutes depuis la station Nishikujo (西九条) sur la ligne Osaka Kanjo (大阪環状線). Horaires et détails sur le site (http://www.usj.co.jp/e/).

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dimanche 6 juillet 2008

Le Tokaido Shinkansen


La route du Tokaido (東海道) reliait la ville impériale de Kyoto (京都) à Edo (江戸), l’ancienne Tokyo(東京), en suivant la côte Pacifique du Japon. Celle-ci est la plus peuplée car le climat est plus clément que sur le versant de la mer du Japon. La route du Tokaido relie aujourd’hui les 3 plus grandes métropoles du pays : le Kanto(関東), la région de Nagoya (名古屋) et le Kansai (関西). Dès les années 50, le besoin d’un mode de transport moderne et de grande capacité s’est fait sentir. Les japonais ont alors inventé le train à grande vitesse. La ligne est toujours exploitée aujourd’hui, avec une réputation justifiée de ponctualité, de vitesse, de fréquence de sécurité et de confort. Le Tokaido Shinkansen est sans aucun doute le meilleur service à grande vitesse du monde.
Dès les années 40, le Japon a senti le besoin de construire de nouvelles voies de chemin de fer sur la ligne du Tokaido. Le Japon utilise en effet des voies plus étroites que les voies françaises (écartement de 1067mm), qui ne permettent pas une vitesse aussi rapide que les trains français de l’époque. Ainsi, dans les années 50, l’express Kodama reliait Tokyo à Osaka (environ 550km) en 6h50 (moyenne de 80km/h), alors qu’à la même époque, le mistral français parcourait les 863 kilomètres de Paris à Marseille en 7h10 (moyenne de 120 km/h). Avec le développement économique des années 50, la ligne du Tokaido était complètement saturée car elle devait également assurer le service de marchandises sur un axe qui ne disposait pas encore d’autoroutes.
La compagnie nationale a alors pensée à doubler les voies sur l’ancienne ligne du Tokaido, mais cela n’était pas facile, car les lignes traversaient beaucoup de zones déjà construites, et il aurait fallu détruire les bâtiments le long des voies. Le projet alternatif déjà commencé en 1940 puis interrompu par la guerre, fut choisi : la construction de voies dédiées adaptées à la grande vitesse (écartement de 1435 mm). Celles-ci furent naturellement appelées shinkansen (新幹線), ou « nouveau tronçon de voies ». Le chantier gigantesque se déroula entre 1959 et 1964. La construction de nombreux ponts et tunnels fut nécessaire. Voies surélevées et souterraines représentent environ 80% de la longueur la ligne. Certains tunnels, tels celui de Nihonzaka (日本坂) à Shizuoka (静岡) furent récupérés des premiers travaux de 1940. Les trains demandèrent des recherches importantes car les moteurs électriques de l’époque émettaient trop de vibrations. Des technologies issues de l’aéronautique furent alors introduites pour résoudre le problème par Tadashi Matsudaira et d’autres ingénieurs de l’aéronavale qui avaient rejoint les chemins de fer après la guerre. Grâce à la coopération efficace du président Shinji Sogo, et de son ingénieur en chef Hideo Shima, tout fut terminé à temps pour l’inauguration en 1964. Le temps de trajet entre Tokyo et Osaka fut réduit à 4 heures en 1964, puis 3h10 en 1965. Il est actuellement de 2h30.
Dans les années 80, le Japon privatisa ses lignes de chemin de fer très endettées. Le réseau fut séparé en six compagnies, et la ligne fut attribué à la « JR Tokai » (東海), compagnie disposant aussi des lignes classiques dans la région de Nagoya. La vente de la très rentable ligne de Shinkansen permit de rembourser la dette de la compagnie nationale. Même aujourd’hui, le bénéfice de la ligne du Tokaido Shinkansen sert à financer les travaux d’amélioration des voies dans des régions plus rurales du Japon, et l’on considère que cela représente un surplus de coût d’environ 30% pour les passagers. Depuis, la compagnie JR Tokai exploite efficacement la ligne. Il n’y a eu aucun accident mortel et aucun blessé durant les 44 ans de services de la ligne. Le retard moyen était de 6 secondes en 2003, en incluant les délais causés par les tremblements de terre, typhons, chutes de neige et catastrophes naturelles.
Des plans existent pour doubler la ligne, en construisant un shinkansen basé sur la technologie ‘maglev’ suivant la ligne Chuo (中央線), c'est-à-dire la ligne passant par les montagnes. Les derniers projets de la compagnie JR Tokai prévoient une mise en service en 2025, et une ligne de test a déjà été construite dans la préfecture de Yamanashi(山梨).
3 types de service parcourent la ligne : le Kodama (こだま) est le service local. Il existe une gare tous les 20 ou 30 kilomètres, desservant les villes moyennes. Il est exploité entre Tokyo et Nagoya, ainsi qu’entre Nagoya et Kyoto. L’Hikari (ひかり) effectue un arrêt dans les villes de Hamamatsu (浜松), Shizuoka, ou Atami (熱海), en plus des gares principales. Le Nozomi (のぞみ) dessert les gares principalesde Shinagawa (品川), Shin-Yokohama (新横浜), Nagoya, Kyoto et Shin-Osaka (新大阪). En heure de pointe, il y a jusqu’à onze départs par heure.
Si le train à grande vitesse est une industrie de haute technologie, avec des investissements lourds, le confort des passagers résulte principalement des aménagements de la cabine. Les voitures de shinkansen disposent de rangées de 5 sièges disposées 2 et 3. Les sièges sont systématiquement tournés dans le sens de la marche pour le confort des passagers. Il est également possible de créer des configurations conviviales de 4 ou 6 places faces à face si les passagers le désirent. L’espace pour les jambes est très important, et permet même aux personnes de grande taille de voyager confortablement en seconde classe, alors que le TGV ou l’avion sont un calvaire. La décoration intérieure est sobre, avec une dominante de blanc cassé et de beige. L’intérieur des voitures rappelle beaucoup les cabines d’avion. Un panneau au dessus de la porte fournit des informations : position sur le trajet, prévisions météo et actualités. Dans les derniers trains (N700), les passagers disposent de prises pour brancher leur ordinateur portable et d’accès internet wifi. Le service de voitures bar fut arrêté en 2003, mais des hôtesses, à la tenue délicieusement désuète, proposent une vente ambulante de boissons et sandwichs. Il existe des voitures avec réservations et des voitures en placement libre permettant de prendre un train à la dernière minute. Il est ainsi tout à fait possible d’arriver par le métro en gare de Tokyo vers 11 heures du matin sans billets, et de monter dans le train 5 à 10 minutes plus tard.
Le tarif pour les 450 kilomètres de Shin-Yokohama à Kyoto (trajet en 2 heures) est Y12.890 (80 Euros) en seconde classe sur un Nozomi avec une place réservée. Sur un Hikari, une place réservée vaut Y12590 (78 Euros). Une place sans réservation vaut Y12080 (75.5 Euros). Les enfants (jusqu’à 11 ans) paient demi tarif, mais il n’existe pas d’autres réductions. Le billet de Shinkansen autorise également à prendre les trains de banlieue dans la ville d’origine. A titre de comparaison, un billet complètement flexible entre Paris et Lyon sur le TGV coûte 81.5 Euros, avec une qualité de service inférieure (confort des trains, fréquence et ponctualité). Il existe par contre plus de tarifs réduits sur le TGV (billets non échangeables à 62.90 Euros par exemple). Il serait également honnête de mentionner que le billet de Shinkansen sert à financer les lignes non rentables, et que sans cet « impôt », le prix du trajet serait bien inférieur.
Vous pouvez continuer votre lecture en prenant le petit train de la vallée d"Oigawa, ou en vous rendant directement dans le centre de Tokyo.
La Japan Railways maintient un site en anglais très à jour et instructif.
 Cet article est cité sur le site une autre ville.
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mercredi 2 juillet 2008

La plus belle vue du Kansai

Le Japon est un archipel montagneux. Plus des deux tiers sont occupés par des montagnes abruptes recouvertes de forêt, et il ne reste parfois que quelques centaines de mètres de plaine coincées entre les collines et la mer pour organiser la vie humaine. Je vous propose une excursion sur les sommets du « Rokko-san » (六甲山) près de Kobe (神戸), pour une leçon spectaculaire de la géographie japonaise, et sans doute la plus belle vue du Kansai (関西). Le voyage pourra se terminer dans la station thermale d’Arima (有馬), peut-être la plus ancienne du Japon.
Pour les moins courageux, un funiculaire impressionnant permet l’accès au plateau du sommet. La terrasse d’observation à proximité du la gare supérieure mérite une halte pour la superbe vue de Kobe. Puis, sur le plateau, un bus offre une liaison pratique entre les différentes attractions. La montagne peut aussi se gravir à pied, à partir de la station de ashiya-gawa (芦屋川) sur la ligne Hankyu Kobe (阪急神戸線). Il suffit de suivre la direction « Rock Gardens » (ロックガーデン), puis le sentier bien indiqué pour le sommet du Rokko-san. Il faut compter 5 heures pour la montée et la descente jusqu’à Arima. Les précautions inhérentes à la randonnée au Japon sont de rigueur.
Le Mont Rokko est une station climatique depuis 1895, quand un résident anglais, Arthur H Gloom, installa un chalet de montagne. L’endroit se développa ensuite comme une station climatique permettant de profiter de la fraîcheur du sommet. La montagne est partie intégrante de l’identité de la ville, puisque l’hymne des supporters des Hanshins Tigers se nomme Rokko Oroshi (六甲颪) ou « Le vent du Mont Rokko ». D’après les supporters du Kansai, celui-ci s’exécute de préférence après quelques bières pendant une victoire écrasante des Hanshins Tigers (阪神タイガー) contre leurs grands rivaux des Yomiuri Giants (読売巨人), l’équipe de Tokyo.
L’endroit présente toutes les attractions des lieux touristiques japonais: Le « Rokko Garden Terrace », une réplique de village européen, abrite ainsi des boutiques chics. Le complexe comprend même une fausse tour de château avec un revêtement qui rappelle plus les maisons japonaises que les châteaux cathares. Le Mont Rokko est également réputé pour ses pâturages à mouton. Il est possible de visiter la ferme, et l’on fabrique du fromage local. Un restaurant propose évidemment le Genghis Kahn, un ragoût au mouton, à proximité du « Rokko Garden Terrace ». Le sommet contient également le plus ancien golf japonaise, un jardin botanique alpin, et un parc « Country House » servant également de piste de ski artificiel.
Plus que ses attractions sympathiques, le plus agréable est la magnifique vue du sommet. La terrasse du « Rokko Garden Terrace » est bien adaptée à l’observation. Le regard porte de Kobe à Osaka jusqu’à la mer, distante de seulement quelques kilomètres à Kobe. Par temps clair, l’aéroport international du Kansai, construit sur une île artificielle, est aussi visible. L’agglomération est immense, mais les grands immeubles sont relativement rares. La ville japonaise est souvent chaotique : les immeubles hétéroclites sont rassemblés sans logique d’ensemble, à l’exception du centre de Kobe reconstruit largement après le tremblement de terre. Les terrains artificiels gagnés sur la mer sont bien visibles. A Kobe, il s’agit principalement de l’île de Rokko, et de l’île du port. A cause de la crise économique, tous les terrains créés à grand frais ne sont pas utilisés. Durant le tremblement de terre, ces terrains gorgés d’eau se sont montrés particulièrement instables. Cela n’a pas empêché la ville de construire son aéroport sur des terres gagnées sur la mer, encore plus loin du rivage que le port.
Après avoir profité de la vue, il est intéressant de revenir à Kobe par l’autre versant. Un téléphérique permet de rejoindre la station thermale d’Arima. Le voyage de 12 minutes est fort agréable au dessus de la forêt. Le retour à Kobe depuis Arima est rapide, mais vous pouvez probablement passer quelques heures à profiter des sources thermales. La légende veut qu’un empereur du 7ème siècle ait fait un séjour de plusieurs mois dans la ville pour profiter de ses eaux. La ville a ensuite connue des fortunes diverses, et un éboulement majeur au XIè siècle. Elle fut reconstruite par le général Toyotomi Hideyoshi au 16è siècle, et a prospéré depuis. Les deux bains publics de « Kin-No-Yu » (金の湯) et « Gin-no-Yu » (銀の湯) accueillent les visiteurs en journée, et de nombreux ryokans vous hébergeront pour la nuit.
Vous pouvez continuer votre lecture par une journée à Osaka.
Accès au Mont Rokko

Le funiculaire « Rokko Cable Car » permet de rejoindre le sommet. La gare de départ est proche de la station « Rokko » sur la ligne Hankyu. Billet aller-simple : Y570 (3.45 Euros), aller-retour Y1000 (6 Euros). Une formule aller-retour incluant le bus du sommet « Omote Rokko Shuyu Joshaken » est proposée à Y1300. L’accès au départ du funiculaire est aussi possible par le bus 16 depuis les gars de Hankyu Rokko et JR Rokko_michi.

Le téléphérique « Rokko Arima Ropeway » relie la station d’Arima au sommet. Le billet coûte Y980 (6 Euros) pour un aller-simple, Y1770 (10.80 Euros) pour un aller-retour. Une formule comprenant aussi le bus du sommet « Ura Rokko Shuyu Joshaken » coûte Y1900 (11.52 Euros).

Un billet aller-simple de Kobe à Arima comprenant funiculaire, bus du sommet, et téléphérique « Rokko Arima Katamichi Joshaken » coûte Y1700 (10.30 Euros).

Le retour d’Arima à Kobe s’effectue par la compagnie Shintetsu (神鉄), avec un changement à Arimaguchi (有馬口), puis une correspondance à Tanigami (谷上) avec le métro de Kobe qui ramène directement en centre ville. Le trajet jusqu’à Sannomiya (三宮) coûte Y900 (5.45 Euros) pour 30 minutes de trajet.

Kin-No-Yu: Admission Y650 (4 Euros), ouvert de 8 :00 à 22 :00, fermé les seconds et quatrièmes mardis de chaque mois.
Gin-No-Yu: Admission Y550 (3.3 Euros), ouvert de 9 :00 à 21 :00, fermé les premiers et troisièmes mardis de chaque mois.
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samedi 17 mai 2008

Le Japon, le pays où la vie est moins chère

Durant la bulle économique des années 80, le Japon avait les prix les plus élevés. Dans l'euphorie générale, les entreprises vendaient leurs produits au plus cher, en jouant au mieux des marques et des modes. Puis, dix années de crise économique ont suivi, durant lesquelles les sociétés ont du se battre pour survivre. Beaucoup ont réduit leurs frais au maximum dans le but de faire baisser les prix. Tout n'est pas devenu bon marché. Le terrain, rare, est toujours onéreux. Les logements, reconstruits à chaque génération, sont un gouffre financier, et les autoroutes tout en pont et en tunnel coûtent deux à trois fois le prix français. Toutefois, de nombreux produits et services sont maintenant offerts à un prix bien inférieur à la France, avec souvent une qualité de service bien meilleur.
Nous allons prendre l'exemple d'une demi journée dans le Kansai (関西). Cette région regroupe dans un rayon d'une cinquantaine de kilomètres le grand centre économique d'Osaka(大阪), le port chic de Kobe (神戸), et les deux villes touristiques de Kyoto (京都) et Nara(奈良). Il ne s'agit pas de campagne profonde, mais d'un endroit qui se compare en population et en richesse avec la région parisienne.
La journée a commencé à l'hôtel. Nous avons réservé une chambre double dans un « business hotel », un établissement occidental conçu pour les voyages d'affaires. L'établissement en plein centre d'Osaka, probablement récent, est très propre. La chambre est comparable à celle d'un hôtel deux étoiles, mais comprend une connexion Internet haut débit gratuite, un nécessaire de toilette complet, ainsi qu'une robe de chambre pour la soirée. Un buffet de petit déjeuner est proposé dans le hall de l'hôtel tous les matins. Le prix pour une nuit est de 8700 Yens (54 Euros) pour une réservation à l'avance par internet. A titre de comparaison, l'hôtel Ibis Montparnasse propose une chambre à 82 Euros avec 8 Euros de petit-déjeuner par personne, soit un coût total de 98 Euros. Pour ce prix-là, la connexion Internet n'est pas comprise, et aucun nécessaire de toilette n'est proposée.
Puis, nous sommes partis pour un peu de shopping dans le centre d'Osaka. Ayant besoin de nouvelles lunettes, je me suis rendu dans le magasin « Alook ». Ce magasin moderne propose des lunettes de vue. Le service est rapide : la monture choisie, le vendeur propose soit des verres identiques aux lunettes portées, soit de tester la vue. Il fait essayer les verres, puis prépare les lunettes, qui sont prêtes une heure plus tard. Le prix est de 5050 Yens (31.5 Euros) pour des verres organiques classiques. La Générale d'optique est un des magasins de lunette les moins chères, mais son offre la plus compétitive est à 39 Euros.
Nous avons ensuite pris le train pour Kyoto. La compagnie Keihan (京阪) propose un service d’ « express spécial » (特急) qui parcourt les 50 kilomètres en 50 minutes. Il s’agit d'une ligne de centre ville à centre ville. Le train dispose de places assises dans le sens de la marche, de la climatisation. Il est évidemment ponctuel. Le service est excellent puisque des employés se trouvent sur la plupart des gares, et une personne, en plus du conducteur assure la sécurité des passagers. Le billet coûte 460 Yens (2.80 Euros). La ville de Cergy n'est qu'à 40 kilomètres de Paris, mais le billet de train pour la capitale coûte 5.60 Euros, et l'on n'ose parler de confort, de ponctualité et de climatisation dans les trains de banlieue de la région parisienne.
Après notre arrivée à Kyoto, nous avons décidé de manger une des spécialités locales, et nous sommes rendus dans le restaurant gastronomique sosoan (爽草庵) à proximité d'un des temples les plus célèbres du pays, le pavillon d'argent (銀閣寺). Il sert tous les midis un déjeuner gastronomique sur le thème du tofu : Les entrées comprennent un filet de poisson grillé, une omelette japonaise, et une bouchée à la vapeur. Le plat principal est une casserole de tofu (豆腐) accompagnée de riz, et de soupe de miso. Le dessert est une gelée au vin blanc accompagnée de fraises. Dans un cadre reposant, le service est rapide et attentionné. Il comprend notamment un verre d'eau fraîche et une serviette chaude à l'arrivée, ainsi que de l’excellent thé à volonté durant le repas. Le prix du menu est de 2500 Yens (15.6 Euros). En comparaison, la brasserie Flo à Paris propose des formules déjeuner à 25 Euros.
Les exemples données ici ne sont pas les plus extrêmes. Nous aurions pu parler des nombreuses formules de restauration rapide et bon marché comme les menus équilibrés de la chaîne Otoya (大戸屋) environ 700 Yens pour un menu de poisson grillé mangé au restaurant, ou le fast-food yoshinoya (吉野家), et ses bols de riz à la viande autour de 400 Yens. Nous n'avons pas évoqué non plus le matériel photographique souvent beaucoup moins cher au Japon.
Ces prix bas ont plusieurs raisons. La TVA n'est que de 5% au Japon, et les charges sociales sont beaucoup plus faibles, en particulier pour les jobs étudiants et temporaires. La compétition est souvent plus intense au Japon. Il existe ainsi 4 compagnies de chemin de fer reliant Kyoto a Osaka (Keihan, JR, Kintetsu et Hankyu). La FNAC française a de nombreux équivalents au Japon : Yodobashi Kamera, Big Kamera, Ishimaru, Yamada Denki pour ne citer que les principaux. Cela n'explique certes pas tout, et l'on se demande si la France, ou l'Angleterre encore plus coûteuse, n'aurait pas besoin de quelques années de crise pour revenir sur terre.
Vous pouvez continuer votre lecture par cette introduction au Japon.
Note : cet article n'a pas pour but de pointer du doigt les entreprises françaises choisies ici, qui sont probablement, à part la RATP, parmi les plus compétitives de leur secteur, et qui n'ont pas forcément les mêmes contraintes que leurs collègues japonais.
Sosoan 爽草庵 京都市左京区浄土寺下南田町129 Shimominamidacho Jodoji Sakyo-ku Tel : 0757713617. A proximité du Ginkakuji (銀閣寺), et 20 minutes à pied de la gare de Demachiyanagi (出町柳).
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