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dimanche 15 juin 2008

Week-end de charme dans un onsen

La vie urbaine japonaise est passionnante, mais les citadins souhaitent parfois faire une pause. Dans ce pays travailleur et peuplé, les japonais ont inventé une formule idéale pour oublier, le temps d'un court week-end, les trépidations de la ville. Pour se reposer après un travail intense, quelques moments d'intimité avec son conjoint, ou une sympathique sortie en famille, les auberges traditionnelles (旅館, ryokan) accueillent les voyageurs pour une nuit. La plupart se trouvent dans des stations thermales et offrent des bains dans d'eau de source volcanique (温泉, onsen). Plus qu'un hébergement, les ryokans offrent une véritable mise en scène, un voyage dans un Japon traditionnel probablement idéalisé.
Au départ des grandes villes japonaises, une ou deux heures suffisent à rejoindre les stations thermales. Il en existe de toutes tailles et standing. La très populaire station de Kinugawa-onsen(鬼怒川温泉), à proximité de Nikko(日光), a une architecture moderne et fonctionnelle, d'une esthétique relative. Beaucoup plus chic, Shuzenji-Onsen (修善寺温泉), à 90 minutes de Tokyo, réunit des établissements de luxe dont l'architecture est digne des plus beaux temples du pays. Des auberges isolées dans la montagne proposent une escale en pleine nature. La très pratique station d'Atami (熱海), à 50 minutes de Tokyo, ressemble à un petit Monaco, avec ses grands immeubles à flanc de montagne.
Un week-end en onsen débute le samedi matin à la gare, ou à l'agence de location de voiture. Vous quitterez la ville, et vous rendrez à destination en prévoyant une petite visite sur le chemin, et, si possible, un déjeuner dans un endroit sympathique. Les voyageurs à destination de Shuzenji pourront ainsi faire une halte bien méritée à Mishima (三島) pour goûter l'anguille locale (うなぎ, unagi). Les visiteurs de Kinugawa-onsen pourront se rendre à, la montagne (山頂) surplombant la station à pied ou par le téléphérique. Il est recommandé d'arriver en milieu d'après-midi au ryokan. L'architecture de ces établissements est très variée : certains sont situés dans des maisons de style traditionnel en bois anciennes ou récentes. D'autres sont des établissements modernes, à l'aspect résolument béton : il ne faut pas s'arrêter à l'extérieur de ces hôtels, dont le service est souvent très bon. Certains offrent même un service traditionnel en chambre de tatami. Et une fois à l'intérieur, la façade n'aura plus aucune importance.
Vous serez reçu chaleureusement dans l'établissement, par un personnel en tenue traditionnelle, qui vous conduira dans votre chambre. Les chambres sont de style japonais (和室) en tatami et en bois. Le service traditionnel comprend le repas dans la chambre. La table est rangée pour la nuit, et la literie japonaise traditionnelle est alors sortie des placards : un matelas posé à même le sol et une couette (布団, futon). Cette formule a l'inconvénient que l'on est souvent dérangé par le personnel de l'établissement: pour installer la table du repas vers 18h, puis pour desservir et installer le futon vers 21h, et enfin le matin pour ranger le futon et installer la table de petit déjeuner vers 8h du matin. Des chambres occidentales (洋室) avec repas en restaurant sont aussi disponibles, mais ont moins de charme, et le restaurant se prête moins qu'une salle privée aux conversations intimes. Les jeunes japonais apprécient le charme des pièces traditionnelles, mais ne souhaitent pas être dérangés : les onsens récents proposent une formule mixte, sans doute la plus agréable : elle comprend une chambre de style japonais, avec une literie moderne dans un espace attenant, et un repas dans un espace privé séparé de la chambre.
Une fois arrivé, il vous sera servi une petite pâtisserie et de thé vert en guise de bienvenue. Le personnel de l'établissement discutera avec vous comme si vous étiez un habitué. Si les bâtiments ont une histoire, elle vous sera expliquée en détail. On vous posera aussi des questions sur votre voyage, et ne soyez pas surpris si l'on appelle "votre époux" (旦那さん, dannasan) ou "votre épouse" (奥さん, okusan) votre conquête de 3 jours qui vous accompagne ce jour-là. Une fois seul dans la chambre, il convient de revêtir le yukata (浴衣) de l’établissement, une robe de chambre en coton, beaucoup plus confortable que vos vêtements de voyage. Si vous avez un gabarit de joueur de rugby, l'établissement fera de son mieux pour vous fournir le yukata « extra long » (特大Tokudai). Il est tout à fait acceptable de se promener dans les parties communes de l'établissement en Yukata. Vous voilà maintenant prêt pour vous rendre au bain. Rangez vos effets de valeur les plus encombrants dans le coffre ou dans vos bagages. Placez votre clé de chambre et votre nécessaire de toilette dans le petit sac fourni par l'établissement.
Le traditionnel bain collectif propose des espaces séparés pour les hommes (indiqués par du bleu et le signe 男), et les femmes (indiqués par du rouge et le signe 女). Les salles de bain font la part belle aux matériaux nobles, la pierre, le bois et le bambou. Les bains les plus simples sont de petites piscines carrées en pierre ou en bois de moins d'un mètre de profondeur et de plusieurs mètres de longueur pour pouvoir étendre le corps, avec parfois une fresque plus ou moins réussie sur le mur. Il est mal vu de plonger sa tête dans l'eau ou de nager dans le bassin. D'autres bains sont de petites piscines en pierre ressemblant à une pièce d’eau naturelle, intégrés avec harmonie dans le décor. Là encore, il s’agit aussi d'un spectacle. On s'y baigne nu après s'être soigneusement lavé dans les douches voisines. La promiscuité peut-être gênante au début pour les européens, mais cela s'oublie vite. En cas de pudeur aigue, la petite serviette fournie peut cacher certaines parties du corps jusqu'à l'entrée dans le bain. L'eau est souvent très chaude, et l'on ne reste que quelques minutes dedans. Il y a parfois un bain d'eau froide permettant de se rafraîchir.
Les bains extérieurs (露天風呂, Rottenburo) sont les plus recherchés. Ils offrent souvent une belle vue sur les environs. Le contraste entre l'eau chaude et l'air frais est fort agréable. Même lorsque la température extérieure est négative, la chaleur de l'onsen permet de rester quelques minutes dévêtu dehors sans sentir le froid. J'ai des souvenirs inoubliables de rottenburo sous la neige. Des bassins privés peuvent aussi être réservés, souvent pour une demi-heure heure, sans supplément, pour un bain intime plaisant et ludique. Certains établissements proposent des bains individuels attenant à la chambre sur le balcon. Cette formule est la plus agréable, mais un peu plus onéreuse. Le plus grand plaisir de l'onsen est après le bain. Les muscles relaxés par l'eau chaude, il est fort plaisant de se promener dans l'établissement, prendre un thé, et lire calmement un ouvrage bien choisi dans sa chambre, en profitant de la douce odeur de paille des tatamis. Les établissements préparent toujours une petite patisserie et du thé pour agrémenter ce moment de plénitude.

Le repas est servi aux horaires japonais, de 18 à 21h. Il se compose de plusieurs plats. Le menu est toujours de saison, et propose des spécialités régionales abondamment commentées par le personnel. Une grande attention est apportée à la présentation des plats. Les grands classiques sont les petits bateaux en bois remplis de poisson cru (刺身, sashimi), et les plats présentés dans des assiettes de bambou. La vaisselle est traditionnelle. La cuisine comprend souvent quelques plats ludiques, comme la viande à cuire soi même, ou le tofu à fabriquer. Les casseroles (鍋, nabe) chauffées sur la table sont aussi fréquentes. Le repas s'accompagne de bière ou de saké. Celui-ci est toujours servi à un prix raisonnable même dans les établissements chics. La soirée permet souvent un deuxième bain avant d'aller dormir assez tôt. L'alcool et le bain chaud garantissent une nuit de sommeil profond. Le petit déjeuner est servi entre 7 et 9 heures du matin. Il comprend également des spécialités régionales sucrées et salées.
Après un dernier bain, le départ se fait assez tôt. Le dimanche se prête à une excursion ambitieuse dans les environs. De Kinugawa-onsen, on pourra se rendre à Nikko. La péninsule d’Izu (伊豆半島) et Hakone (箱根) offrent aussi des sites touristiques de premier ordre pour une journée inoubliable. La voiture est fort pratique pour les visites sur place car les bus de campagnes sont rares et chers. Mais il faut se méfier des bouchons de retour de week-end à Tokyo. Au contraire, un train spécial réservé offrira un retour de tout confort en ville. On apercevra par la fenêtre les néons de la ville de plus en plus nombreux, et les gares de banlieue défiler. On traversera quelques rivières, et le voyage ne se terminera réellement qu'une fois sur le quai, de retour à la vie quotidienne.
Vous pouvez continuer votre lecture dans un Classic Hotel, pour un séjour élégant dans une ambiance victorienne.
Onsens proches de Tokyo et tarifs

Dans la région de Tokyo, les régions les plus accessibles sont:
  • La péninsule d'Izu: les villes d'Atami, d'Ito, de Shimoda, de Toi et de Shuzenji rassemblent de nombreux établissements d'onsen. Les sorties ne manquent pas dans un superbe paysage mêlant mer et montagne
  • Hakone : ce village de montagne a proximité du Mont Fuji est une destination touristique de premier ordre, avec ses sources volcaniques impressionnantes, et le superbe lac dans lequel se reflète le célèbre volcan. La ligne Odakyu propose des trains spéciaux (1h31, Y2020 - 12.6 Euros) jusqu'à Hakone Yumoto (箱根湯本)
  • Les Alpes du Sud sont les montagnes les plus élevées du Japon. Une voiture est nécessaire pour se rendre dans ces petites vallées, et l'on s'arrêtera volontiers en route près des lacs du Mont Fuji. Les onsens sont souvent situés dans des endroits reculés. Il est préférable d'éviter le retour sur Tokyo par l'autouroute « Chuo » (中央高速道路) le dimanche soir. Il n'est pas rare de mettre 5 heures à rentrer dans la ville
  • Kinugawa-onsen : La "Grande Motte" de l'onsen : facilement accessible de Tokyo, cette station rassemble de grands établissements autour d'une rivière encaissée : le paysage n'est pas forcément bucolique, mais le service proposé est souvent de bonne qualité. Les superbes temples de Nikko ne sont qu'à quelques minutes de train, pour un week-end inoubliable. Accès par le train spécial Tobu « Kinu » avec réservation (1h57, Y2800 - 17.5 Euros)
Le site bénévole et indépendant Secret Japan propose de nombreuses adresses d'onsen, avec des explications en anglais et en français.
Les tarifs varient suivant les prestations et le prestige de l'établissement. Ils sont plus élevés le week-end.
Le ryokan « biwa » (枇杷) à Toi (土肥) propose par exemple une formule de demi-pension avec un massage pour environ 75.000 Yens (470 Euros) pour deux personnes en semaine, et 95.000 Yens (600 Euros) le week-end. Les chambres sont récentes mais construites de façon traditionnelle, avec de superbes poutres apparentes. Chaque chambre dispose d'un balcon avec vue sur la mer (et la ville), avec un bain privatif. La cuisine est excellente, et servie dans un espace individuel. Adresse: 静岡県伊豆市土肥259-1 Toi Izu-shi Shizuoka-ken. Tel 0559-97-3124. Accès à Toi: ferry depuis Shimizu, bus depuis Mishima ou Shuzenji.
L'hotel « Asaya » à Kinugawa-onsen, un grand établissement de plusieurs centaines de chambres, propose des formules en demi-pension avec diner japonais pris au restaurant, chambre japonaise de 14 tatamis, et buffet de petit déjeuner pour 42500 Yens (250 Euros) en semaine et 47000 Yens (300 Euros) le week-end pour deux. L'entrée aux bains, y compris un rottenburo sur le toit, est bien entendu incluse. Il existe des formules moins onéreuses. Adresse: 813 Taki – Kinugawa Onsen, Nikko-shi, Tochigi-ken 321-2526 栃木県日光市鬼怒川温泉滝813Tel : 0288.77.1111. Accès direct depuis la gare de Tobu Asakusa à Tokyo par les trains de la compagnie Tobu.
Les deux onsens cités peuvent être réservés depuis Yahoo Japan Travel.

Les onsens sont un sujet fréquent sur les forums internet traitant du Japon. Ce sujet propose de nombreuses informations intéressantes.

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samedi 5 avril 2008

Sur les traces de la danseuse d'Izu

Je ne suis probablement pas le seul à avoir découvert la littérature japonaise à travers le court roman « la danseuse d’Izu » (伊豆の踊り子). Il décrit le voyage d’un lycéen parti en vacances solitaires dans la péninsule d’Izu (伊豆半島) au début du vingtième siècle. Ses vacances commencent de façon triste jusqu’à ce qu’il rencontre un groupe d’artistes et décide de voyager avec eux jusqu’à Shimoda (下田). Notre lycéen retrouve vite le moral grâce à cette joyeuse compagnie et surtout à son attraction pour une jeune danseuse du groupe. La différence de statut social et le jeune âge de la fille ne lui permettent pas de commencer une aventure, mais il monte dans le bateau pour Tokyo à Shimoda le cœur réjoui par cette aventure. Toute la palette des sentiments humains est finement décrite par la prose élégante de Kawabata.
Pendant mon premier voyage au Japon, j’ai encore rencontré brièvement la péninsule d’Izu quand je cherchais un onsen rapide et bon marché. Cela m’a amené à Atami (熱海), le point d’entrée de la péninsule, une station thermale moderne appréciée. Etudiant sans le sou, je n’ai pas utilisé le train ‘Odoriko’ (danseuse express) nommé en référence à Kawabata, pour me rendre dans la ville. Je me suis contenté d’une après-midi plaisante dans les bains d’un hotel moderne. Puis, je suis rentré à Tokyo par le train omnibus et je suis retourné à ma vie d’étudiant.
Quelques années plus tard, j’ai pu découvrir un peu plus la péninsule. Le train orange et vert un peu désuet du Tokaido m’a amené jusqu’à la ville d’Ito (伊東), un petit port de pêche et une station thermale (温泉). J’étais vaguement déçu par l’aspect extérieur du ryokan (旅館) qui n’aurait pas dépareillé la banlieue de Tokyo. Mais j’ai passé de très bons moments grace au service impeccable, à la chambre traditionnelle en Tatami. La nourriture est en générale gastronomique, et comprend toujours du sashimi au bord de la mer, ou du gibier, notamment du sanglier (猪)en montagne. Le plus agréable dans un onsen est évidemment de prendre son temps pendant la soirée pour profiter des bains d’eau thermale chaude. Cela permet de dormir profondément avec tous les muscles reposés. De nombreux ryokans occupent aussi de vieux bâtiments traditionnels avec une atmosphère fabuleuse. Les constructions japonaises d’époque n’ont toutefois pas toujours l’isolation phonique que l’on souhaiterait dans ces établissements destinés principalements aux week-ends en amoureux.
Pour une petite promenade de fin d’après-midi, la route côtière juste au sud d’Ito offre de belles vues sur l’île voisine d’ Oshima (大島). Un court voyage en train jusqu’à la Gare de Jogasaki Kaigan (城ヶ埼海岸) permet de découvrir deux endroits surprenants. La côte de Jogasaki (城ヶ埼) est un enchainement de falaises de lave escarpées surplombées d’une belle forêt de pins. Plusieurs kilomètres de sentier permettent des promenades agréables. Dans les terres, il est possible de monter sur le Mont Omura (大室山), un surprenant volcan de poche maintenant endormi, par un petit télésiège. Le sommet offre une belle vue sur le Mont Fuji, la péninsule et les îles environnantes. En redescendant du volcan, vous pourriez continuer votre voyage jusqu’à Shimoda, tout au sud de la péninsule. C’est dans ce port que les bateaux américains arrivèrent en 1858, mettant fin à deux siècles d’isolation du Japon. Sur le chemin de Shimoda, la superbe plage de Shirahama (白浜) est un bon endroit pour un bain de mer en été. Les surfeurs d’y trouvent toute l’année.
Il est possible aussi de rejoinder Shimoda par la route de montagne du centre de la peninsula. C’est le chemin que choisissent les voyageurs de la Danseuse d’Izu. Le voyage commence alors à Mishima (三島) par un délicieux plat d’Unagi (うなぎ). Les anguilles sont grilles sur du charbon de bois avec un sauce sucré sale qui lui donne une saveur caramelisée. Le ventre plein, vous apprécierez mieux les superbes sources de Kakitagawa (柿田川) springs. On prétend que l’eau très pure et d’un bleu profond vient du Mont-Fuji.
De retour à la gare de Mishima, le train vous amènera à Shuzenji (修善寺) dans le centre de la péninsule. La station thermale voisine de “Shuzenji onsen” (修善寺温泉) abrite certains des ryokans les plus reputes du pays. Il y a aussi des hébergements plus abordables, et c’est un endroit agréable pour passer la nuit. Depuis Shuzenji, des bus parcourent la route centrale qui rejoint Shimoda par les montagnes. Les chutes de Joren (浄連の滝) sont impressionantes, mais j’ai préféré la randonnée sur la vieille route du col d’Amagi (天城峠). La route est maintenant fermée au public. Je l’ai parcouru dans un brouillard épais qui lui donnait un air mystérieux. Je n’aurais pas été surpris de voir surgir du brouillard le groupe de voyageurs de la danseuse d’Izu. Le tunnel sombre par lequel on rejoint l’autre versant est aussi impressionant. L’excursion terminée, si l’on reprend la route de Shimoda, on passera sur un pont suspendu en forme de spirale, prétendu anti-sismique, et qui permet de descendre le flanc de la vallée.
Il est aussi possible de rejoindre Izu depuis Nagoya ou Osaka en utilisant le ferry connectant Shimizu (清水), le port de Shizuoka (静岡) à Toi (土肥). Le bateau traverse la baie de Suruga juste en face du Mont Fuji. Un bus permet ensuite de rejoindre la ville de Shuzenji depuis Toi. Il est possible de prendre le ferry avec sa voiture, et cela permet sans doute d’éviter les bouchons autour de Numazu, très fréquents le week-end.
Vous pouvez continuer votre lecture dans un onsen pour un bain reposant.
Informations pratiques

Accès à Atami: Tokaido Shinkansen Kodama(Y4288 - 27 Euro, 46min depuis Tokyo), Train spécial ‘Odoriko’ (Y3900 - 24 Euro, 80min depuis Tokyo) ou ligne Tokaido(111 min, Y1890 - 12 Euro depuis Tokyo). Le train ‘Odoriko’ continue vers Ito (Y4420, 104min) et Shimoda (Y6290 - 39 Euro, 164min). Il y a aussi des trains locaux entre Ami et Ito (ligne JR Ito) et entre Ito et Shimoda (ligne Izu express)

Accès à Mishima: Tokaido Shinkansen Hikari (Y4600 - 28 Euro, 44min depuis Tokyo), ou ligne Tokaido (119 min, Y2210 depuis Tokyo, correspondance à Atami)

Accès à Shuzenji: ligne Izu Hakone de Mishima à Shuzenji (33 minutes, 500 Yen - 3 Euro) bus fréquents depuis la gare de Shuzenji (every 15 minutes) jusqu’à la station thermale de Shuzenji Onsen (Izu Hakone bus or Tokai bus). Il y a environ 20 bus par jour entre Shuzenji et Toi. Les bus en direction de Matsuzaki (松崎) s’arrêtent à Toi.

Accès aux chutes de Joren et Amagi Toge: bus de Shuzenji en direction de Kawazu. Approximativement un bus toutes les 30 minutes. 30 minutes, Y800 - 5 Euro jusqu’aux chutes de Joren, Y1060 - 7 Euro, 45 minutes pour arriver au départ de la route du col d’Amani

Accès à Toi en Ferry : ”Dream Ferry” depuis Shimizu. La traversée dure 65 minutes, avec entre 4 et 7 aller-retours par jour. The premier ferry quitte Shimizu à 8h et Toi à 9h20. Le dernier bateau quitte Shimizu à 16h et Toi à 17h20. L’aller coûte Y2000 - 12.5 Euro par personne, et Y4300 - 27 Euro par voiture individuelle (moins de 3m de long)

Izu Hakone bus: http://www.izuhakone.co.jp/bus/rosen/index.htm (En japonais)
Tokai Bus: http://www.tokaibus.jp/mainroot.html (En Japonais)
Toi bus schedule: http://www.toi-annai.com/access/basu.html (En Japonais)
Toi <-> Shimizu Ferry: http://www.dream-ferry.co.jp/

Restaurant d’Unagi à Mishima : Sakuraya (桜家) 三島市広小路町13-2 hirokoji-cho Mishima. Tel 055-975-4520. Ouvert de 11h à 20h ou jusqu’à épuisement du stock. Fermé le mercredi et les jours fériés. A partir de Y2620 - 16 Euro par personne

Réservation d’un onsen ou ryokan : Yahoo Japan (http://www.yahoo.co.jp/) offre un service de réservation d’hébergement sous la rubrique ‘voyage’ (en japonais). Le site secret Japan (http://www.secret-japan.com/) offre des conseils indépendents sur les onsens en anglais et en fraçais. Il comprend aussi un guide sur la côté ouest d’Izu, au sud de Toi).


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samedi 12 janvier 2008

Sortir de Tokyo en voiture

Le Japon possède un excellent système de transports en communs, et la plupart des visiteurs se contentent des trains, du métro et du bus. Toutefois, la conduite est le moyen le plus simple pour se rendre dans des endroits reculés. Certaines routes du Japon ne sont desservies que par un bus peu confortable, cher, et passant quelques fois par jour. Depuis Tokyo, un week-end vers la presqu’île d’Izu (伊豆半島), la région du Mont Fuji (富士山), les Alpes du Sud (南アルプス), ou la région de Nikko (日光) est beaucoup plus pratique en voiture. L’île d’Okinawa (沖縄) se parcourt de préférence en voiture. 

Pour deux personnes, la voiture reviendra même souvent légèrement moins cher que les transports en commun. La location d’une voiture au Japon est simple. Il suffit pour les français, même de passage, de faire réaliser une Traduction certifiée de leur permis de conduire à l’ambassade. La procédure prend une vingtaine de minutes, et coûte environ 1500 Yens (en octobre 2007), il est préférable de prendre un rendez-vous. De nombreux loueurs proposent leurs services, les plus répandus étant probablement Nissan Rent a Car et Toyota Rent a Car. La location d’une petite voiture est peu onéreuse, environ 14000 Yens (85€) pour un week-end. Les voitures louées seront principalement automatiques, et toutes munies d’un GPS(カーナビ). Il est depuis plus de 5 ans l’instrument indispensable dans ce pays qui ne donne pas de noms aux rues. L’instrument permet en effet de rentrer un numéro de téléphone, une adresse, ou un nom d’hôtel, et vous y guidera par la route la plus courte. A défaut, vous pouvez utiliser un site de calcul d’itinéraire, mais vous n’aurez pas droit à l’erreur.

Même si vous êtes résidents à long terme dans une grande ville japonaise, il est plus simple de louer une voiture de temps en temps, plutôt que d’acheter la votre. Les voiture sont peu chères au Japon. Une petite Toyota, la « Porte » coûte environ 1.4M soit 8500€. Il est par contre obligatoire de disposer d’une place de parking pour acheter un véhicule. Celle-ci peut coûter jusqu’à 40.000 Yens par mois (240€) dans un quartier résidentiel de Tokyo comme Meguro (目黒) et 60.000 Yens (360€) par mois dans un quartier d’affaires comme Akasaka (赤坂). Il est impensable de se garer provisoirement sur le bord de la route à la française, mais de nombreux parkings existent. Les plus sophistiqués embarquent votre voiture sur un support géant, et la rangent automatiquement dans un grand entrepôt. Même à la campagne, il est courant de devoir payer le stationnement dans les lieux touristiques. En centre-ville, le prix des parcs à environ 600 Yens (3.5€) de l’heure est raisonnable.

Vous quitterez sans doute Tokyo par l’autoroute Tomei (東名高速道路), qui relie Tokyo (東京) à Nagoya (名古屋), et passe près de la région d’Hakone (箱根), du Mont-Fuji (富士山) et d’Izu (伊豆). Elle permet la vitesse de 100km/h, le maximum autorisé au Japon. Même si le prix de l’autoroute est élevé au Japon, d’environ 24 Yens, (0.14€) du kilomètre, résistez à la tentation de prendre les nationales, au moins dans les zones très urbanisées entre Tokyo et Osaka (大阪). Vous pouvez en effet parcourir des centaines de kilomètres sur des routes au trafic dense, avec un feu tous les 300 mètres. Même quand vous quittez la ville, les virages étroits se succèdent, et la moyenne dépasse rarement les 40 kilomètres heures. La limite de vitesse sur les routes nationales est de toute façon de 60 km/h. Les petites rues en ville sont parfois plus lentes, et ne permettent souvent pas de croiser une autre voiture, sauf à faire un créneau serré entre les poteaux électriques. Ne soyez donc pas surpris si votre GPS vous indique 3 heures pour rejoindre votre destination 100 kilomètres plus loin. Enfin, dans les zones agricoles, des « gaijin traps » bordent la route des deux côtés. Ces fossés en béton ont juste la largeur d’un pneu de voiture, et sanctionneront toute erreur de trajectoire.


Malgré ses désagréments, la conduite est aussi parfois très agréable. Les japonais conduisent en general tres courtoisement, même s’ils n’ont pas les réflexes des européens. Les autoroutes suspendues de Tokyo (Shuto 首都) parcourent les quartiers les plus emblématiques de la ville. Vues d’en bas, ces ponts interminables qui strient la ville ne sont pas toujours appréciées, même s’ils font maintenant partie du paysage. Pour 700 Yens, ces autoroutes vous offrent une promenade suspendue dans le centre de Tokyo à la vitesse ébouriffante de 60 km/h pour les citoyens respectueux des lois et des radars fixes. Une musique un peu futuriste dans l’autoradio, et la voie métallique du GPS suffira à vous mettre dans l’ambiance de Blade Runner. Avant l’installation des contrôles de vitesse, ces autoroutes étaient parfois le théatre de courses illégales pendant la nuit. Ces courses et les hashiriyas (走り屋)les organisant, font maintenant partie de la légende, sans doute embellie pour mieux vendre les jeux-vidéos, films d’action, et mangas (le fameux Wangan Midnight, sorti en 1992) qui s’en inspirent. Encore plus futuriste, le Tokyo Bay aqualine (東京湾アクアライン) propose un passage entre Kawasaki (川崎) et la presqu’île de Boso (房総半島) de l’autre côté de la baie de Tokyo(東京湾). L’autoroute emprunte d’abord 10 kilomètres de tunnel à soixante mètre de profondeur sous la mer, avant de déboucher sur l’île artificielle de Kisarazu. L’endroit dispose d’une vue impressionnante sur toute la baie de Tokyo, du port de Kawasaki aux usines de Chiba. Ce lieu ne serait pas au japon sans la boutique de souvenirs vendant la mascotte locale (Umi-Hotaru海ほたる) en peluche et en gâteaux. Avant de penser à déménager dans la campagne de Chiba, considérez le péage de 3000Y par passage, qui décourage beaucoup d’utilisateurs. Même à ce tarif-là, les coûts de constructions pharaoniques ne seront remboursés que dans une cinquantaine d’années.


La campagne japonaise propose aussi de superbes ballades, en particulier à l’époque des arbres en fleurs, ou à l’automne. On découvre des petits hameaux à flanc de montagne, des rizières en terrasse, des temples, des champs d’arbres en fleur. Les bords de mer sauvages, comme ceux de la presqu’île d’Izu vous permettent de découvrir de superbes plages, des falaises, souvent du nori sêchant au gré du vent, parfois un petit port de pêche. Voua aurez accès au Japon le plus sauvage, celui qui n’est pas desservi par les transports en commun. Mais la plus grande satisfaction est la sensation d’être un individu adulte et libre. Vous n’avez pas besoin d’un employé pour vous indiquer que les portes du wagon vont bientôt se fermer, ou de vous inquiéter pour les horaires du dernier train. Profitez bien de cet instant magique, car, à votre retour, vous aurez sans doute quelques heures pour méditer sur les lacunes des infrastructures japonaises. Les retours de week-end, en particulier sur l’autoroute Chuo (中央高速道路), sont souvent l’occasion de bouchons monstres, et il n’est pas rare de mettre 4 heures pour parcourir les 120 kilomètres de Kofu (甲府) à Tokyo(東京).

Si une certaine tolérance est parfois exercée pour les étrangers faisant un petit excès de vitesse, la conduite en état d’ivresse est sévèrement réprimée. La limite est très basse : 0.15mg contre 0.40mg en France. Un seul verre de bière peut vous faire dépasser la limite. Les sanctions vont jusqu’à 5 ans de prison et 1.000.000Y (6000€) d’amende. Une originalité de la loi japonaise est de proposer les mêmes peines pour les autres passagers d’une voiture conduite par une personne en état d’ivresse.

Toyota Rent-a-car (トヨタ レンタカー) http://rent.toyota.co.jp/ (japonais uniquement)
Nissan Rent-a-car (日産 レンタカー) http://nissan-rentacar.com/ (japonais uniquement)
Nippon Rent-a-car (ニッポンレンタカー) http://www.rentacartokyu.co.jp/ (japonais uniquement)
Orix http://car.orix.co.jp/ (japonais uniquement)
ToCoo! Travel http://www2.tocoo.jp/english/ (services en anglais)-

Sites proposant des cartes sur internet (pas de calcul d’itinéraire)
Yahoo Map : http://map.yahoo.co.jp/
Mapion : http://www.mapion.co.jp/

Calcul d’itinéraire
Mapfan http://www.mapfan.com/routemap/routeset.cgi/

Wangan Midnight (湾岸MIDNIGHT): Editeur Kodansha (講談社), premier épisode sorti en janvier 1993 (ISBN-13: 978-4063233728), dernier épisode : 26, sorti le 8 Juin 2007

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