samedi 12 janvier 2008

Sortir de Tokyo en voiture

Le Japon possède un excellent système de transports en communs, et la plupart des visiteurs se contentent des trains, du métro et du bus. Toutefois, la conduite est le moyen le plus simple pour se rendre dans des endroits reculés. Certaines routes du Japon ne sont desservies que par un bus peu confortable, cher, et passant quelques fois par jour. Depuis Tokyo, un week-end vers la presqu’île d’Izu (伊豆半島), la région du Mont Fuji (富士山), les Alpes du Sud (南アルプス), ou la région de Nikko (日光) est beaucoup plus pratique en voiture. L’île d’Okinawa (沖縄) se parcourt de préférence en voiture. 

Pour deux personnes, la voiture reviendra même souvent légèrement moins cher que les transports en commun. La location d’une voiture au Japon est simple. Il suffit pour les français, même de passage, de faire réaliser une Traduction certifiée de leur permis de conduire à l’ambassade. La procédure prend une vingtaine de minutes, et coûte environ 1500 Yens (en octobre 2007), il est préférable de prendre un rendez-vous. De nombreux loueurs proposent leurs services, les plus répandus étant probablement Nissan Rent a Car et Toyota Rent a Car. La location d’une petite voiture est peu onéreuse, environ 14000 Yens (85€) pour un week-end. Les voitures louées seront principalement automatiques, et toutes munies d’un GPS(カーナビ). Il est depuis plus de 5 ans l’instrument indispensable dans ce pays qui ne donne pas de noms aux rues. L’instrument permet en effet de rentrer un numéro de téléphone, une adresse, ou un nom d’hôtel, et vous y guidera par la route la plus courte. A défaut, vous pouvez utiliser un site de calcul d’itinéraire, mais vous n’aurez pas droit à l’erreur.

Même si vous êtes résidents à long terme dans une grande ville japonaise, il est plus simple de louer une voiture de temps en temps, plutôt que d’acheter la votre. Les voiture sont peu chères au Japon. Une petite Toyota, la « Porte » coûte environ 1.4M soit 8500€. Il est par contre obligatoire de disposer d’une place de parking pour acheter un véhicule. Celle-ci peut coûter jusqu’à 40.000 Yens par mois (240€) dans un quartier résidentiel de Tokyo comme Meguro (目黒) et 60.000 Yens (360€) par mois dans un quartier d’affaires comme Akasaka (赤坂). Il est impensable de se garer provisoirement sur le bord de la route à la française, mais de nombreux parkings existent. Les plus sophistiqués embarquent votre voiture sur un support géant, et la rangent automatiquement dans un grand entrepôt. Même à la campagne, il est courant de devoir payer le stationnement dans les lieux touristiques. En centre-ville, le prix des parcs à environ 600 Yens (3.5€) de l’heure est raisonnable.

Vous quitterez sans doute Tokyo par l’autoroute Tomei (東名高速道路), qui relie Tokyo (東京) à Nagoya (名古屋), et passe près de la région d’Hakone (箱根), du Mont-Fuji (富士山) et d’Izu (伊豆). Elle permet la vitesse de 100km/h, le maximum autorisé au Japon. Même si le prix de l’autoroute est élevé au Japon, d’environ 24 Yens, (0.14€) du kilomètre, résistez à la tentation de prendre les nationales, au moins dans les zones très urbanisées entre Tokyo et Osaka (大阪). Vous pouvez en effet parcourir des centaines de kilomètres sur des routes au trafic dense, avec un feu tous les 300 mètres. Même quand vous quittez la ville, les virages étroits se succèdent, et la moyenne dépasse rarement les 40 kilomètres heures. La limite de vitesse sur les routes nationales est de toute façon de 60 km/h. Les petites rues en ville sont parfois plus lentes, et ne permettent souvent pas de croiser une autre voiture, sauf à faire un créneau serré entre les poteaux électriques. Ne soyez donc pas surpris si votre GPS vous indique 3 heures pour rejoindre votre destination 100 kilomètres plus loin. Enfin, dans les zones agricoles, des « gaijin traps » bordent la route des deux côtés. Ces fossés en béton ont juste la largeur d’un pneu de voiture, et sanctionneront toute erreur de trajectoire.


Malgré ses désagréments, la conduite est aussi parfois très agréable. Les japonais conduisent en general tres courtoisement, même s’ils n’ont pas les réflexes des européens. Les autoroutes suspendues de Tokyo (Shuto 首都) parcourent les quartiers les plus emblématiques de la ville. Vues d’en bas, ces ponts interminables qui strient la ville ne sont pas toujours appréciées, même s’ils font maintenant partie du paysage. Pour 700 Yens, ces autoroutes vous offrent une promenade suspendue dans le centre de Tokyo à la vitesse ébouriffante de 60 km/h pour les citoyens respectueux des lois et des radars fixes. Une musique un peu futuriste dans l’autoradio, et la voie métallique du GPS suffira à vous mettre dans l’ambiance de Blade Runner. Avant l’installation des contrôles de vitesse, ces autoroutes étaient parfois le théatre de courses illégales pendant la nuit. Ces courses et les hashiriyas (走り屋)les organisant, font maintenant partie de la légende, sans doute embellie pour mieux vendre les jeux-vidéos, films d’action, et mangas (le fameux Wangan Midnight, sorti en 1992) qui s’en inspirent. Encore plus futuriste, le Tokyo Bay aqualine (東京湾アクアライン) propose un passage entre Kawasaki (川崎) et la presqu’île de Boso (房総半島) de l’autre côté de la baie de Tokyo(東京湾). L’autoroute emprunte d’abord 10 kilomètres de tunnel à soixante mètre de profondeur sous la mer, avant de déboucher sur l’île artificielle de Kisarazu. L’endroit dispose d’une vue impressionnante sur toute la baie de Tokyo, du port de Kawasaki aux usines de Chiba. Ce lieu ne serait pas au japon sans la boutique de souvenirs vendant la mascotte locale (Umi-Hotaru海ほたる) en peluche et en gâteaux. Avant de penser à déménager dans la campagne de Chiba, considérez le péage de 3000Y par passage, qui décourage beaucoup d’utilisateurs. Même à ce tarif-là, les coûts de constructions pharaoniques ne seront remboursés que dans une cinquantaine d’années.


La campagne japonaise propose aussi de superbes ballades, en particulier à l’époque des arbres en fleurs, ou à l’automne. On découvre des petits hameaux à flanc de montagne, des rizières en terrasse, des temples, des champs d’arbres en fleur. Les bords de mer sauvages, comme ceux de la presqu’île d’Izu vous permettent de découvrir de superbes plages, des falaises, souvent du nori sêchant au gré du vent, parfois un petit port de pêche. Voua aurez accès au Japon le plus sauvage, celui qui n’est pas desservi par les transports en commun. Mais la plus grande satisfaction est la sensation d’être un individu adulte et libre. Vous n’avez pas besoin d’un employé pour vous indiquer que les portes du wagon vont bientôt se fermer, ou de vous inquiéter pour les horaires du dernier train. Profitez bien de cet instant magique, car, à votre retour, vous aurez sans doute quelques heures pour méditer sur les lacunes des infrastructures japonaises. Les retours de week-end, en particulier sur l’autoroute Chuo (中央高速道路), sont souvent l’occasion de bouchons monstres, et il n’est pas rare de mettre 4 heures pour parcourir les 120 kilomètres de Kofu (甲府) à Tokyo(東京).

Si une certaine tolérance est parfois exercée pour les étrangers faisant un petit excès de vitesse, la conduite en état d’ivresse est sévèrement réprimée. La limite est très basse : 0.15mg contre 0.40mg en France. Un seul verre de bière peut vous faire dépasser la limite. Les sanctions vont jusqu’à 5 ans de prison et 1.000.000Y (6000€) d’amende. Une originalité de la loi japonaise est de proposer les mêmes peines pour les autres passagers d’une voiture conduite par une personne en état d’ivresse.

Toyota Rent-a-car (トヨタ レンタカー) http://rent.toyota.co.jp/ (japonais uniquement)
Nissan Rent-a-car (日産 レンタカー) http://nissan-rentacar.com/ (japonais uniquement)
Nippon Rent-a-car (ニッポンレンタカー) http://www.rentacartokyu.co.jp/ (japonais uniquement)
Orix http://car.orix.co.jp/ (japonais uniquement)
ToCoo! Travel http://www2.tocoo.jp/english/ (services en anglais)-

Sites proposant des cartes sur internet (pas de calcul d’itinéraire)
Yahoo Map : http://map.yahoo.co.jp/
Mapion : http://www.mapion.co.jp/

Calcul d’itinéraire
Mapfan http://www.mapfan.com/routemap/routeset.cgi/

Wangan Midnight (湾岸MIDNIGHT): Editeur Kodansha (講談社), premier épisode sorti en janvier 1993 (ISBN-13: 978-4063233728), dernier épisode : 26, sorti le 8 Juin 2007

10 commentaires:

Anonyme a dit…

Encore un très bon article, décidémment j'adore votre blog qui me fait chaque jour rêver un peu plus d'une vie au japon.

Flo a dit…

merci ! nous n'allons pas tarder à pouvoir nous ballader hors de Tokyo et ces infos sont, quoiqu'effrayantes pour certaines, fort utiles !

sanji a dit…

Merci Yutenji,

Excellente suggestion que d'utiliser la voiture pour visiter le Japon. Je loue plusieurs fois par moins une voiture, cela revient très bon marché, et en général, dès que l'on est deux, c'est nettement moins cher que le train pour faire des distances un peu longues!

Certains trajets sont vraiment impressionants, en particulier l'AquaLine, qui vaut le détour! Mais aussi beaucoup de petites routes de montagne bien plus sauvages que ce que l'on trouve en Europe, par exemple.

J'ajoute que les personnes intéressées pourront trouver sur Secret Japan un article complémentaire sur la location de voiture au Japon :

http://www.secret-japan.com/forum/viewtopic.php?t=64


sanji

nekosama a dit…

Personnellement, ayant eu l'habitude de voyager en voiture en Europe, je trouve que le Japon est un enfer pour ce mode de transports, en effet, des bouchons, des erreurs d'itinéraires à répétitions et des jours et des jours pour quelques centaines de km, m'ont poussé à abandonner la voiture.

Si vous n'êtes pas très (très très très) patients, je vous conseille plus que jamais les alternatives.

Uchimizu a dit…

Bonsoir Nekosama,

vous faites bien de mentionner que si l'on ne prend pas garde, conduire au Japon peut-être un enfer. Toutefois, avec un GPS, et quelques précautions pour éviter le bouchon du dimanche soir, je pense que conduire peut être un plaisir au Japon, en particulier dans les zones reculées.

Micky a dit…

ayant fait un voyage il y a deux semaines a Mishikoyama. Le GPS est un pur regal.
La conduite aussi, automatique, paysage merveilleux, et bien evidament ma petite femme.

Un lecteur espagnol a dit…

Bonjour, je vais me rendre au Japon en ao�t, et je souhaite louer une voiture avec chauffeur du 15 Ao�t au 30 Ao�t pour voyager entre Tokyo et Osaka. Pourriez vous m'indiquer le prix, et une compagnie qui offre ces services? Merci d'Espagne

(message traduit de l'anglais)

Uchimizu a dit…

Bonjour,

la location d'une voiture avec chauffeur est peu courante et sera probablement très coûteuse au Japon. Il est sans doute préférable d'utiliser les transports publics et les taxis si vous ne souhaitez pas conduire.

Toutefois, si vous avez les moyens, la compagnie suivante offre des services de voiture avec chauffeur: Europcar Service:

http://www.europcarservice.com/

Une lectrice française a dit…

nous sommes 6 Français à partir au Japon du 17 au 24. Nous atterrirons à Narita Airport, et les 4 premiers jours nous resterons à Tokyo. Le 22 nous nous rendrons à Hiratsuka (pref. de Kanagawa) et de là nous irons chaque jour en un lieu différent dans la région, ces trajets nécessitant une voiture.

Nous pensons louer un véhicule de type minivan, capacité 7 ou 8 personnes pour la période du 22 au 27 (5 jours). Nous hésitons sur la meilleure stratégie à adopter:
- soit nous le louons à Tokyo, près de l'aéroport, et nous le ramenons au même endroit avant de prendre notre vol de retour. Dans ce cas nous aurons à traverser Tokyo et à gagner Hiratsuka par l'autoroute et la route,
- soit nous allons à Hiratsuka en train, nous louons un véhicule là bas directement et nous le ramenons dans un rent-a-car proche de Narita avant notre départ, moyennant des charges supplémentaires,
- soit nous le louons à Hiratsuka et nous le ramenons au même endroit, et nous faisons la liaison avec Tokyo exclusivement par train, dans les deux sens.
En tant que connaisseur du Japon, qu'en pensez-vous? Quelle est la meilleure solution, du point de vue financier et du point de vue de la vitesse de déplacement? Je précise qu'aucun de nous ne lit ni ne parle le japonais...

Uchimizu a dit…

Bonjour,

vous ne pourrez pas louer une voiture dès votre arrivée à Narita puisqu'une traduction de votre permis en japonais est nécessaire: Celle-ci s'obtient à l'ambassade de France ou à l'automobile-club à Tokyo.

Je vous conseille de prendre aussi en compte le fait que le parking n'est jamais gratuit au Japon.

Vous pouvez probablement louer une voiture le jour de votre départ de Tokyo (fin des 4 jours), l'utiliser pour le trajet de Tokyo à Hiratsuka, et l'utiliser également pour le trajet de retour jusqu'à Narita.

Je ne suis pas sûr par contre qu'il soit facile de conduire sans parler la langue. Il faudrait au minimum pouvoir se servir du GPS, ou avoir un GPS en anglais (à confirmer avec l'entreprise de location).

Hiratsuka me semble très urbanisé, et vous pouvez aussi réfléchir à une alternative où vous n'utilisez que des transports en commun et des taxis.