dimanche 23 mars 2008

Joyeuses Pâques

Je souhaite sincèrement à tous les lecteurs de ce blog de très joyeuses fêtes de Pâques. J'ai une pensée particulière pour les expatriés au Japon de culture chrétienne qui passeront cette grande fête familiale et religieuse dans l'indifférence la plus totale, et surtout, sans oeufs de Pâques.

Je pars d'ailleurs de ce pas chercher mon oeuf dans le jardin. J'espère qu'il sera bien garni. Article complet

dimanche 16 mars 2008

A l'ombre des cerisiers en fleur

Le printemps est d’abord annoncé au Japon par la floraison des pruniers « ume » (梅), mais les cerisiers « sakuras » (桜), plus spectaculaires, ont les faveurs des japonais. Pendant une semaine, les arbres se couvrent entièrement d’élégants pétale rose pâle. Dans le centre du pays, la saison des cerisiers est aussi celle des grands changements : rentrée des classes et mutations dans les entreprises. L’arrivée de la floraison est prédite avec toutes les ressources de la science moderne. Un ordinateur analyse les données recueillies sur un échantillon d’arbre, et les températures de l’hiver pour prédire la date de fleuraison. Une page spéciale du bulletin météorologique présente l’avancée du « front des fleurs » (桜前線) sur le pays. Celui-ci envahit le pays par le sud, et, de mars à avril, remonte les principales îles japonaises. Tokyo (東京)et Kyoto (京都) fleurissent en général dans les premiers jours d’avril. Dans le nord du Japon et les montagnes, la saison se prolonge jusqu’en mai. Les arbres peuvent rester fleuris une semaine au même endroit. Mais une pluie ou un vent fort perturbent parfois les calculs les mieux établis en faisant tomber soudainement tous les pétales. La plupart des arbres actuels appartiennent à la variété Somei Yoshino (染井吉野), mise au point à Toshima (豊島), un quartier de Tokyo, au 19e siècle. Tous identiques, les arbres fleurissent toujours au même moment.





Les plus anciennes chroniques du Japon mentionnent la contemplation des fleurs ou « hanami » (お花見). Les cerisiers en fleurs sont un loisir sérieux, et l’on ne conçoit pas un jardin ou un bâtiment public sans un arbre qui émerveillera le printemps venu. Les dilettantes se contentent d’une promenade dans le parc du quartier, ou mieux, dans un jardin ou un temple célèbre. Ceux-ci comptent parfois plusieurs milliers d’arbres, souvent éclairés la nuit, et de longues file d’attentent accablent les visiteurs qui souhaitent admirer un endroit connu. Le véritable amateur aura réservé plusieurs jours avant son emplacement sous les arbres en fleur à l’aide d’une feuille de plastique déposée sur le sol, et marquée de son nom et de l’horaire de sa venue, et réunira ses amis, ses collègues ou sa familles à l’heure dite pour une « fête sous les cerisiers » . Les jeunes salariés qui souhaitent prouver leur dévouement à l’entreprise se lèvent parfois à l’aube pour retenir le meilleur emplacement et y recevoir ses collègues

Le moindre carré de pelouse sous les arbres se retrouve envahi d’un peu poétique plastique bleu. L’atmosphère n’est pas contemplative, et les convives font honneur aux victuailles et alcools apportés pour l’occasion. De nombreuses boutiques vendent brochettes et boissons, dans une joyeuse atmosphère de kermesse. Un karaoké portable nasillard rajoutera une touche élégante à la fête, qui au bout de quelques heures et quelques dizaines de canettes de bière sera un florilège de blagues d’alcooliques et de rires gras . Le proverbe japonais ‘plutôt des gâteaux que des fleurs’ (花より団子) semble bien décrire la situation.

Si en Chine, la fleur de cerisier est le symbole de la féminité, les sakuras rappellent aux japonais la fragilité de la vie, et la douce nostalgie du temps qui passe (物の哀れ,). Les yakuzas (mafia japonaise) s’associent à ces fleurs qui rappellent leur existence brève et agitée, et ont souvent un tatouage à leur motif. Les pétales rosées étaient parfois peints sur les chasseurs de la seconde guerre mondiale. Les cerisiers sont en effet un symbole du Japon, et, à ce titre, ornent la pièce de 100 Yens. La diplomatie japonaise les a mis à contribution lors du double don d’arbres faits aux Etats-Unis en 1912 et 1965 pour célébrer l’amitié entre les deux pays. Les cerisiers ornent maintenant la région de Washington, et leur fleuraison y est un évènement local.

Les arbres de sakuras sont un cousin des cerisiers classiques (さくらんぼ), et ne portent pas de fruit. Les feuilles et pétales sont par contre conservées dans le sel pour servir de condiment. Ils apparaissent ainsi dans de nombreuses pâtisseries de saison modernes ou traditionnelles. Les sakura-mochi, un gâteau de riz entouré d’une feuille conservée dans le sel. se mange en particulier le jour des filles (3 mars). Comme tous les plats au Japon, il existe des variantes régionales : la feuille de sakura entoure ainsi une boule de riz dans la région de Kyoto, le kansai (関西), une crêpe roulée dans le Kanto (関東). Des infusions de sakuras (sakura-yu ) sont aussi servis aux jeunes mariés dans les mariages traditionnelle, la fleur étant de bon augure. Leur motif délicat orne aussi faïences et kimonos, et donne une touche printanière et fraîche à ces objets.

Le visiteur n’aura aucun mal à trouver des arbres en fleurs, tout parc ou bâtiment public en est pourvu. Une randonnée dans les montagnes à la bonne saison offrira au marcheur des arbres en fleurs dans un cadre somptueux. Nous pourrions écrire des pages sur les mérites relatifs des différents sites de Sakura. Les endroits suivants sont des valeurs sûres:

  • Le parc d’Ueno à Tokyo (上野公園) à proximité de la gare d’Ueno (上野駅) desservie par les trains JR ainsi que les métros ligne Hibiya (日比谷線) et Ginza (銀座線). Ce vaste parc, qui comprend aussi le musée national japonais, est envahi de promeneurs et de fêtards pendant la floraison.
  • Le parc d’Inokashira (井の頭公園) à proximité de la gare de Kichijoji (吉祥寺駅) desservie par la ligne JR Chuo (中央線) et Keio Inokashira (京王井の頭線). Ce charmant parc est situé dans une banlieue chic de Tokyo. Il est possible de faire une ballade sur le lac bordé d’arbres en fleur dans des pédalos en forme de cygne. Il se murmure que la déesse locale s’évertue à séparer les couples qui montent sur ces embarcations. Le promeneur superstitieux adaptera donc son itinéraire en fonction de ses désirs du moment.
  • Le parc de Shinjuku Gyoen (新宿御苑) à proximité de la gare de Shinjukugyoen-mae (新宿御苑前) desservie par la ligne de métro Marunouchi (丸ノ内線). L’entrée est payante (200 Yens, 1.20 Euro).
  • Les bords de la rivière meguro (目黒川) près de la gare de nakameguro (中目黒駅) desservie par les lignes Toyoko (東横線) de la compagnie Tokyu (東急) et la ligne Hibiya (日比谷線) du métro. Cette rivière étroite est entièrement recouverte de pétales pendant la saison. L’endroit est exigu, et peu adapté aux pique-niques.
  • Le temple de Kyomizudera (清水寺) à Kyoto situé à 20 minutes de marche de la station Gojo (五条) sur la ligne Keihan (京阪線). La superbe terrasse en bois du temple surplombe une mer de cerisiers avec une superbe vue sur toute la ville et des illuminations impressionantes le soir. L’entrée est payante (700 Yens, 4.20 Euros) , et le pique-nique n’est pas autorisé.
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samedi 8 mars 2008

Le petit train de la vallée d’Oigawa

Les japonais font les choses sérieusement, et les amateurs de train en sont un bon exemple. Il existe ainsi un concours qui consiste à réciter par cœur les horaires de train de tout le pays. Certains extrémistes vont jusqu’à camper des heures en bordure de voie ferrée avec un trépied et un téléobjectif pour prendre en photo un convoi rare. Le matériel roulant est très varié car les compagnies de chemin de fer font souvent fabriquer spécialement un modèle de train pour un service particulier, comme le Narita Express. Pour le modéliste, les trains miniatures sont également d’ excellent qualité, et souvent peu onéreux. Les vendeurs des boutiques spécialisées donneront des conseils avisés sur les wagons à associer à telle ou telle locomotive afin de ne pas commettre une faute de goût irréparable.



Nous partons aujourd’hui pour une excursion ferroviaire dans la vallée d’Oigawa (大井川), préfecture de Shizuoka (静岡), à mi-chemin entre Tokyo (東京) et Nagoya (名古屋). La rivière Oigawa prend sa source dans les Alpes du Sud (南アルプス), au pied de pics de plus de 3000 mètres, et se jette dans l’Océan Pacifique 168 km plus tard. Son passage à pied était un des plus mauvais souvenirs de l’antique route du Tokaido(東海道).

L’histoire moderne de la vallée est celle de l’industrie hydro-électrique. Le chemin de fer que nous empruntons a d’ailleurs été construit à partie des années 20 pour transporter les matériaux de construction des barrages. L’intégralité de la ligne fut ouverte au public en 1954, peu avant la construction du barrage d’Ikawa. Dans les années 60, la fin des grands travaux et le développement du réseau routier mit à mal cette petite ligne locale, qui ne survécut que grâce aux aides publiques. Dans les années 70, les lignes principales du Japon abandonnèrent la vapeur. Le chemin de fer d’Oi-gawa (Dai-tetsu大鉄) racheta alors deux locomotives à vapeur d’occasion (appelées SL pour « Steam Locomotive »). A partir de 1976, ces engins ont commencé à tracter des trains touristiques sur la ligne. La compagnie s’inspira de la ligne partenaire du « Brienz Rothorn Bahn » qui maintient un service intégralement à vapeur en Suisse. Les touristes ainsi attirés fournirent une bouffée d’oxygène à l’entreprise qui sortit du rouge dans les années 80. La crise économique japonaise de 1990 n’épargna pas le chemin de fer, qui survécut principalement grâce aux subventions de la compagnie d’électricité du centre du Japon.

Aujourd’hui, la ligne d’Oikawa est la seule au Japon à proposer un service presque quotidien de trains à vapeur, et deux ou trois services par jour en pleine saison. Ils permettent de parcourir en 80 minutes les 40 premiers kilomètres de la ligne entre Kanaya (金谷) et Senzu (千頭). Le convoi est tiré par une des 5 locomotive à vapeur en service, parfois aidé d’une vieille locomotive électrique, les voitures sont aussi d’époque, et donnent une bonne idée du confort spartiate des transports il y a 30 ou 40 ans. Une voiture en tatami est disponible pour les sorties (arrosées) de groupe. Avant de monter à bord, l’on aura pris soin d’acheter un « loco-bento », beau pique-nique décoré d’une locomotive à vapeur, pour les petites faims en route. La promenade est fort agréable, d’abord entre les champs de thé, puis dans la vallée en bordure de la rivière. La locomotive rythme la promenade du bruit de la vapeur sous pression, et l’odeur subtile d’huile et de charbon donne tout son cachet au voyage.


Une fois arrivé, il faut admirer en gare la très belle mécanique de ces engins maintenant oubliés, mais qui furent en leur temps le moteur de la révolution industrielle. Les locomotives brûlent du bois ou du charbon dans leur foyer, et la chaleur dégagée sert à chauffer de l’eau, qui se transforme en vapeur sous pression. La vapeur est ensuite chauffée une deuxième fois pour atteindre plus de 300 degrés et une pression encore plus forte. Puis, la vapeur est transmise aux pistons, des cylindres sur le côté de l’engin. Ces cylindres transmettent la force motrice aux roues à travers les bielles, superbe mécanisme d’horlogerie entièrement visible. Les locomotives à vapeur ne disposent pas de boîte de vitesse, et la seule façon d’atteindre une vitesse importante est donc d’avoir de grandes roues, qui se trouvent toujours à l’extérieur du chassis. Si le train de la vallée d’Oikawa est un peu poussif, la superbe « Mallard » anglaise a atteint jusqu’à 200 km.h dans les années 30.



Le voyageur regrettera toujours d’être arrivé trop tôt à Senzu, mais la promenade peut se prolonger sur la deuxième partie de la ligne, un petit train électrique qui parcourt la voie étroite et pentue jusqu’au terminus de Ikawa (井川). La promenade dans cette vallée encaissée est très spectaculaire. Le point d’orgue est le passage d’un vertigineux viaduc au dessus de la retenue du barrage de Nagashima (長島ダム).


La vallée d’Oigawa n’est pas aussi touristique que la péninsule d’Izu (伊豆半島), mais le visiteur pourra combiner la poésie des bielles et des pistons avec une randonnée dans les montagnes proches, et une visite dans un Onsen de la vallée. Ce sont autant d’occasions de prolonger le week-end dans les environs.

Vous pouvez continuer votre lecture à Shizuoka, au pied du Mont Fuji.

Renseignements pratiques

Accès à Kanaya depuis Tokyo : Prendre le Tokaido Shinkansen Hikari (東海道新幹線ひかり) jusqu’à Shizuoka (静岡). Attention, seuls certains Hikaris s’arrêtent à Shizuoka (un par heure). A la gare de Shizuoka, prendre la ligne Tokaido (東海道本線) en direction de Hamamatsu (浜松), et s’arrêter à Kanaya (金谷). 6490 Yens, Environ 2 heures.


Compagnie de chemin de fer d’Oigawa (大井川鉄道): http://www.oigawa-railway.co.jp/


Convois de train à vapeur entre Kanaya et Senzu : 2370 Yens (14,50 Euro), y compris 560 Yens de supplément vapeur : départ de Kanaya entre 10 :00 et 12 :00 suivant les jours, places réservées uniquement, réservation par téléphone, internet, ou le jour du départ en gare. En semaine, il n’est souvent pas nécessaire de réserver à l’avance. L’horaire de retour des trains à vapeur n’est pas toujours pratique (départ de Senzu de 14 :16 à 15 :23 suivant les jours). Il est aussi possible de monter à bord d’un des services réguliers pour rentrer à Kanaya. Dernier départ de Senzu par train électrique pour Kanaya à 19:56


Ligne d’Ikawa entre Senzu et Ikawa: 5 trains par jour, premier départ de Senzu à 9 :23, dernier départ à 13 :45, environ 1h45 de trajet. Dernier départ d’Ikawa à 15 :48. 1280 Yens (7.80 Euros) entre Senzu et Ikawa. Site de la ligne : http://www.ikawasen.jp/


Un service de bus relie les gare de Senzu (千図) et Okuizumu (奥泉) aux Onsens proches de SumataKyo (寸又峡温泉). La compagnie de chemin de fer propose des formules combinées nuit à l’onsen et train à vapeur pour 9980 à 11980 Yens (60 à 72 Euros) en demi-pension.


Boutique de trains miniatures Tenshodo (天賞堂)  4-3-9 Ginza, Chuo Ku, Tokyo 〒104-0061 東京都中央区銀座4-3-9 TEL:03-3562-0025, ouvert tous les jours sauf le jeudi de 11:00 à 19:30. Accès par la gare de train Yurakucho (有楽町) ou la station de métro Ginza (銀座)



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samedi 1 mars 2008

Titre de séjour en France pour un conjoint japonais

Suite à plusieurs demandes, ce témoignage explique le parcours suivi par un conjoint japonais de citoyen français pour obtenir un titre de séjour à Paris. Le préalable nécessaire à ces démarches est l’obtention par le conjoint japonais d’un visa de « famille de français » à l’ambassade de France au Japon. Même si le mariage a été célébré en France, il est nécessaire pour le conjoint japonais de retourner au Japon pour obtenir le visa. Si le mariage a été célébré au Japon, il doit avoir été transcrit sur les registres de l’état-civil français avant la demande de visa. Parmi les documents demandés, il est nécessaire de présenter l’original de la carte d’identité (ou un certificat de nationalité française obtenu auprès d’un tribunal d’instance) du conjoint français. Si le conjoint habite en France au moment de la demande de visa, il devra donc se séparer de sa carte d’identité pendant plusieurs semaines, et s’assurera d’avoir un autre titre d’identité disponible (idéalement un passeport valide, mais un permis de conduire suffit dans la plupart des cas).


Une fois le visa obtenu, le conjoint japonais se rendra en France dans les 3 mois. Les billets d’avion aller-simple sont hors de prix (par exemple 415.000 Yens taxes comprises sur Air France pour un billet en mars 2008). Vous pouvez probablement vous organiser avec un billet aller retour beaucoup moins onéreux. Ainsi un billet Air France aller-retour avec un départ en mars 2008 ne coûte que 130.000 Yens taxes comprises pour un séjour de deux semaines. N’hésitez pas à utiliser les offres promotionnelles. Air France offre ainsi un tarif à seulement 100.000 Yens l’aller-retour en avril 2008. Une autre possibilité est d’obtenir un billet aller-simple avec les programmes de fidélité des compagnies aériennes. Un aller-simple entre le Japon et la France sur Air France peut s’obtenir avec seulement 40.000 « miles ».

Une fois à Paris, le conjoint de japonais devra se présenter au commissariat de police correspondant à son arrondissement dans les 2 mois. Le commissariat compétent n’est pas forcément celui de votre quartier, et en mars 2008, 2 commissariats, un situé dans le 17è, l’autre dans le 14è, permettent d’effectuer les démarches. Tous les détails sont sur le site de la préfecture de police de Paris. Le conjoint y obtiendra ainsi un titre de séjour provisoire « récipissé de demande de carte de séjour» valable 3 mois et un rendez-vous à la préfecture de police pour le dépôt de la demande de titre de séjour plusieurs semaines plus tard.

Lors du rendez-vous à la préfecture, la présence du conjoint français est nécessaire. Parmi les documents nécessaires, il est demandé des « preuves de communauté de vie ». Les documents préférés de l’administration sont les preuves de compte communs, les baux de location aux deux noms, l’inscription du conjoint étranger à la sécurité sociale du conjoint français (carte vitale…), les déclarations d’impôt communes. Les couples franco-japonais venant juste de s’installer en France n’ont souvent pas tous ces documents, et l’administration se montre compréhensive même si les documents présentés ne sont pas très convaincants (dans le cas de l’auteur de cet article, quelques billets d’avion communs). Les autres documents nécessaires sont principalement la preuve de mariage (livret de famille), les documents d’identité des 2 conjoints, ainsi que les preuves de domiciles (factures EDF / GDF…). A la préfecture, un rendez-vous sera donné quelques semaines plus tard à l’ANAEM quelques semaines plus tard.

Le rendez-vous à l’ANAEM (Agence Nationale de l’accueil des étrangers et des migrations) prend un demi-journée. Le conjoint japonais subira un examen médical, ainsi qu’un entretien pour déterminer son niveau de français. Il ne s’agit pas ici de tester le français littéraire, mais de vérifier que le conjoint étranger est capable d’effectuer des démarches de la vie courante par lui-même. Si le niveau de français n’est pas suffisant, des cours gratuits et obligatoires seront imposés. Le conjoint obtiendra enfin son précieux titre de séjour (valable 1 an) contre le paiement d’un timbre ANAEM. Il recevra aussi une convocation pour un cours obligatoire d’une journée de « formation civique » quelques semaines plus tard.


La procédure de renouvellement du titre de séjour est plus simple. Il est recommandé de téléphoner au standard de la préfecture de police 2 ou 3 mois avant l’expiration du titre pour obtenir un rendez-vous à la préfecture de police. Il y a souvent 1 ou 2 mois d’attente. Les pièces nécessaires sont les mêmes que pour la première demande de visa. Pour le renouvellement, il sera alors nécessaire de présenter des vraies preuves de communauté de vie. Le conjoint recevra alors un titre de séjour provisoire « récipissé de demande de carte de séjour» valable 3 mois, ainsi que la data à laquelle il pourra venir chercher son nouveau titre de séjour à la préfecture de Police, contre le paiement d’un timbre ANAEM.

Changement d'adresse (ajout le 14 novembre 2008)

En cas de déménagement, il est obligatoire de déclarer le changement d’adresse des ressortissants étrangers dans les 8 jours suivant le déménagement. A Paris, cela s’effectue auprès du commissariat de police du quartier (UPQ) sans rendez-vous et les commissariats sont souvent ouverts tard le soir (jusqu’à 20 heures). Il est par contre nécessaire de réunir un nombre important de documents :


  • les avis d'imposition des 3 dernières années;

  • une preuve de domicile (par exemple une facture EDF à l’adresse du nouveau logement);

  • un certificat d’assurance du nouveau logement;

  • le bail ou le titre de propriété du nouveau logement;

  • un certificat d’inscription à la sécurité sociale (carte vitale).

Visa dispensant de demande de la carte de séjour(mise à jour au 16 septembre 2009)

Il existe maintenant une procédure simplifiée permettant d'obtenir un visa dispensant de la demande de carte de séjour en préfecture. Il faut pour cela remplir un formulaire additionnel lors de la demande de visa, et l'envoyer à l'OFII (successeur de l'ANAEM) à l'arrivée en France.

Plus de détails sur sont disponibles sur le site de l'OFII

Avertissement : les procédures administratives évoluent. La lecture de ce témoignage ne vous dispense pas d’une recherche circonstanciée auprès des autorités compétentes.

Achat de billets Air France depuis le Japon : http://www.airfrance.co.jp/
Site de l’ANAEM : http://www.anaem.social.fr/
L'organisation a été maintenant remplacée par l'OFII (http://www.ofii.fr/)

Préfecture de police de Paris : http://www.prefecture-police-paris.interieur.gouv.fr/ La procédure en détail est expliquée en suivant le lien « Delivrance de documents / Ressortissants étrangers» puis « titre de séjour » et « autre catégorie ».

Ambassade de France au Japon : http://www.ambafrance-jp.org/

Enfin, un autre article de ce blog donne quelques conseils pour réussir un couple international avec un conjoint japonais.

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dimanche 24 février 2008

Les quartiers de Tokyo - Akasaka

Pour pacifier une noblesse violence, Louis XIV avait créé Versailles, et y avait rassemblé les plus grands artistes du temps. Les grands du royaume y étaient attirés par les dernières modes et créations, et enivrés par les fêtes, oubliaient de se révolter. A la même époque, les shoguns de la dynastie Tokugawa choisirient une méthode plus radicale, en obligeant les grands du pays à résider un an sur deux à la capitale, et à y laisser leur famille en otage le reste du temps. Les collines du sud de la ville, appelées ‘Yamanote’ (山の手) étaient ainsi recouvertes de grandes propriétés.

Nous allons aujourd’hui parcourir un de ces anciens quartiers nobles, Akasaka (赤坂), la pente rouge. La promenade commence à la sortie de la gare de Yotsuya, desservie par les lignes Chuo (中央線) et Marunouchi (丸の内線) en fin de matinée. Celle-ci fait face au palais d’Akasaka (赤坂迎賓館), grand édifice de style néo-baroque allemand construit au début du XXè siècle et entouré d’un superbe parc de 12 hectares. Le palais était autrefois celui du prince héritier, et sert depuis 1974 à la réception des chefs d’états étrangers. Il est donc fermé au public la plupart du temps. En longeant le jardin par la gauche, puis en suivant l’autoroute suspendue en bordure d’une ancienne douve transformée en étang, nous arrivons au carrefour d’Akasaka Mitsuke (赤坂見付).

Juste au nord du carrefour d’Akasaka Mitsuke se trouvent deux des plus célèbres hôtels de Tokyo, l’Akasaka Prince Hotel et le New Otani. Le célèbre bâtiment triangulaire du New Otani, un des premiers hôtels modernes de Tokyo, a reçu James Bond et surtout Blake et Mortimer. L’hôtel mérite de toute façon une visite pour son jardin en libre accès, conservé depuis l’époque où l’endroit une villa aristocratique. Si un costume n’est pas de rigueur, l’on évitera de se rendre débraillé dans cet établissement de bonne tenue. Le restaurant panoramique dans la nouvelle tour offre aussi des buffets à volonté remarquables, avec une belle vue sur Tokyo et sur ses jardins. Le prix est très raisonnable au déjeuner. Les japonais appellent « Viking » (バイキング) ces formules de repas à volonté. L’idée a été introduite par l’hôtel Impérial dans les années 50, suite à une visite du manager de l’époque au Danemark, où les buffets à volonté de poisson fumé étaient courants. Le nom danois de la formule, imprononçable, fut vite abandonnée, et remplacée par le nom de « Viking ». Une alternative au buffet du « top of the tower » est le café « Aux Bacchanales » situé près de l’entrée de l’hôtel New Otani, réplique fidèle d’une brasserie parisienne.

Le quartier animé d’Akasaka se visite la nuit tombée, je vous propose donc une promenade dans les quartiers voisins pour l’après-midi. Au carrefour d’Akasaka Mitsuke, nous prendrons à gauche en sortant du New Otani et suivront l’autoroute. Quelques minutes de marche nous amènent au cœur de Nagata-cho, le siège du gouvernement japonais. Celui-ci comprend peu de bâtiments historiques, mais la cour suprême japonaise, située au carrefour de « miyakezaka » (三宅坂) mérite le détour pour son aspect oppressant. Le bâtiment a été construit en 1974 par l’architecte Shinichi Okada. Puis, nous prendrons à gauche et suivrons la route qui borde le palais impérial jusqu’à Hanzomon (半蔵門), une des portes. L’ambassade britannique, sans doute le bâtiment le mieux placé de la ville se trouve face aux douves du palais. Son adresse est Numéro 1, Ichiban-Cho (ville no 1), Chiyoda-Ku, Tokyo. L’ambassade date des années 20, le bâtiment original fut détruit lors du tremblement de terre de 1923. Il est possible de prolonger la promenade en prenant la route très agréable qui franchit les douves du palais impérial sur la droite au carrefour de Chidorigafuchi (千鳥ヶ淵). Il est possible ensuite de rejoindre la station « Kudanshita » (九段下), et de prendre la ligne Hanzomon (半蔵門線) qui ramènera en deux stations au carrefour d’Akasaka Mitsuke (s’arrêter à la station de Nagatacho (永田町)).


De retour au carrefour d’Akasaka Mitsuke, une large avenue ‘Sotobori Dori’ mène à Toranomon. Nous prendrons la gauche de l’avenue et après quelques minutes, nous croiserons la ‘Prudential Tower’, construite en 2001 sur le site de l’hôtel new Japan, qui disparut dans un incendie en février 1982, en faisant 32 victimes. Le site eut la réputation d’être hanté, et resta une carcasse vide jusqu’en 1995, malgré le prix de l’immobilier dans les environs. Quelques minutes après les Prudential Towers, on rejoint les escaliers menant au temple de ‘Hie Jinja’ (日枝神社), qui mérite une courte visite.

Il est maintenant temps de faire connaissance avec le vrai Akasaka. Le quartier était un des plus animés de la ville dans l’après guerre. Ses bars et établissements équivoques étaient fréquentés par les hommes politiques, et furent le cadre des plus gros scandales de l’époque, dont la célèbre affaire Lockheed : l’avionneur américain a offert de larges pots de vins aux hommes politiques japonais pour faire acheter ses avions, en employant comme intermédiaire une figure du milieu. Les clubs comme le Copacana, le « New Latin Quarter » font partie de la légende sulfureuse de Tokyo. Il reste peu de témoins directs de ce passé, à part peut-être le Love Hotel ‘Chanté’, un simili château européen, où une des plus célèbres call girl de l’époque fut assassinée. Il est situé à proximité immédiate de la station de métro d’Akasaka (赤坂駅). Depuis le temple de ‘Hie-jinja’, nous traverserons le carrefour de Sannoshita (山王下) et prendre la rue ‘Akasaka dori’ (赤坂通り). L’hôtel se trouve à une centaine de mètres à gauche au deuxième feu, à proximité de l’immeuble de TBS, une des grandes télévisions privées japonaises. L’on reviendra ensuite sur ses pas jusqu’à la toute nouvelle Akasaka biz tower, et prendra la rue ‘hitotsugi doori’ (一ツ木) située en bordure du quartier animé. Les petites rues en pente sur la gauche après la tour « Biz Tower » sont très calmes pour le centre de Tokyo et l’on passera peut-être devant un salon de thé, où les geishas reçoivent leurs fortunés invités.

Nous reviendrons ensuite vers la ‘hitotsugi dori’ et nous découvrirons, de nuit cette fois, le quartier animé d’Akasaka, situé entre les rues de ‘Sotobori dori’ et de ‘hitotsugi dori’. Les restaurants coréens de yakiniku y sont nombreux, ainsi que les pachinkos. L’endroit comporte également des lieux plus accessibles, tels que restaurants étrangers ou de sushis à prix raisonnables, ainsi que la plupart des chaînes d’Izakaya. Votre visite se terminera donc en soirée dans une des nombreuses adresses des environs. Après le repas, un verre au bar de l’Akasaka Prince Hotel conclura la soirée.


Vous pouvez continuer votre lecture par la ville basse de Tokyo.

Hotel New Otani : 4-1 Kioi-Cho, Chiyoda-Ku, Tokyo T102-8578, Tel: 03-3265-1111, Buffet « Top of the Tower », Y5040 (30 Euros) par personne au déjeuner, Y7875 (50 Euros) au dîner, réservations au 03-3238-0023. http://www.newotani.co.jp/en/tokyo/

Grand Prince Hotel Akasaka : 1-2 Kioi-Cho, Chiyoda-Ku, Tokyo T102-8585 Tel: 03-3234-1111. Bar “Top of Akasaka”, ouvert de 17h à 1h du matin. http://www.princejapan.com/GrandPrinceHotelAkasaka/

Tokyo Underworld: The Fast times and Hard Life of an American Gangster in Japan, ISBN 978-0375724893: un récit agréable de l’histoire du milieu de Tokyo dans l’après-guerre, d’après les mémoires de l’un des principaux acteurs de l’époque.

Il est recommandé d’utiliser les sites Yahoo Gourmet http://gourmet.yahoo.co.jp/ ou Gunavi http://www.gnavi.co.jp/ pour chercher un restaurant ou un bar (sites en japonais). Les restaurants changent souvent à Tokyo et une adresse est très vite périmée. Ci-dessous se trouvent toutefois deux adresses prévisibles:

Umai Sushi-Kan (うまい鮨勘): en face de la station de métro d’Akasaka sur la rue Akasaka Dori. Akasaka 3-13-1, Minato Ku Tokyo T107-0052 東京都港区赤坂3丁目13-1: Tel 03-3560-6711. Assortiments de sushis de Y1500 (9 Euros) à Y3000 (18 Euros) par personne environ, ouvert de 11h à 3h du matin en semaine, de 11h à 23h le week-end : http://www.sushikan.co.jp/

Kyushu Jangara (九州じゃんがら): entre les Prudential Towers et le temple « Hié Jinja » sur la « sotobori dori ». NagataCho 2-12-8 Chiyoda-Ku Tokyo 〒100-0014 東京都千代田区永田町2-12-8. ouverture à 10h45. Fermeture à 1h du matin le dimanche, 3h30 du matin le vendredi et 2h du matin les autres jours. Pâtes « Ramen » à la soupe de porc de Y600 (3.5 Euros) à Y1000 (6 Euros) par personne. http://www.kyusyujangara.co.jp/shops/akasaka.htm

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